Préalables à lire pour tous ceux qui désirent échanger avec l'auteur +++:

- il faut, pour que l'auteur réponde aux questions qui lui sont posées, qu'il y ait au moins un prénom, et c'est la moindre des choses et que la question soit posée au bon endroit, c'est à dire sur l'article du blog correspondant à la question posée ++.

- la réponse de l'auteur sera d'autant plus pertinente que la demande d'information où la où les questions posées par les visiteurs du blog soient le plus possible, concises et formulées clairement et qu'elles contiennent des renseignements cliniques, on ne soigne pas des images, mais une symptomatologie clinique ++.

- souvent les questions posées par les visiteurs sont redondantes, alors qu'elles sont le plus souvent clairement développées dans le texte de l'article où dans les commentaires qui font suite aux articles; l'auteur recommande avant de poser une question, de lire attentivement l'article et les différents commentaires qui le suivent ++.

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Merci à tous les visiteurs de respecter ces principes et de ne pas se cacher derrière un anonymat potentiellement source de dérives.

Avis à lire par tous les lecteurs:

"Un médecin du sport vous informe" répond à la demande de nombreux confrères, patients et sportifs. Il est le reflet de connaissances acquises tout au long de ma vie professionnelle auprès d'enseignants remarquables, connaissances sans cesse actualisées que je me suis efforcé de rendre accessibles au plus grand nombre par le biais d’images trouvées sur le Net, images qui sont devenues par la force des choses la propriété intellectuelle de tous; si cela dérange, elles seront retirées.

Certains articles peuvent apparaître un peu plus polémiques que d'autres et indisposer, mais il n'est pas question pour l'auteur de tergiverser ou de se taire, quand il s'agit de problèmes d'éthique, en particulier en matière de dopage, et quand la santé des sportifs est en jeu, compte tenu du nombre élevé de blessures liées au surentraînement et à une pratique imbécile d'une certaine musculation, qui n'est plus au service de la vitesse et de la force explosive, les deux qualités physiques reines, qui ne respecte pas les règles de la physiologie musculaire et qui, au lieu d'optimiser la performance, fait ressembler certains sportifs body-buildés à l'extrême, davantage à des bêtes de foire gavées aux anabolisants qu’à des athlètes de haut niveau.

Ce blog, majoritairement consacré à la traumatologie sportive, est dédié à mes maîtres les Prs Jacques Rodineau, Gérard Saillant et à tous les enseignants du DU de traumatologie du sport de Paris VI Pitié Salpétrière et en particulier aux docteurs Jean Baptiste Courroy, Mireille Peyre et Sylvie Besch. L'évaluation clinique y tient une grande place: "la clinique, rien que la clinique, mais toute la clinique" et s'il y a une chose à retenir de leur enseignement, c'est que dans l'établissement d'un diagnostic, l'examen clinique, qui vient à la suite d'un bon interrogatoire, reste l'élément incontournable de la démarche médicale et répose sur une triple démarche:

1 - une bonne analyse des symptômes que rapporte le patient qui doivent d'emblée évoquer un certain nombre de diagnostics plausibles.

2 - la recherche de signes cliniques dont la cohérence entre eux et la cohérence avec les données de l'interrogatoire permettent d'approcher de façon encore plus précise le diagnostic lésionnel.

3 - la nécessité de faire concilier les données de l'anamnèse et de l'examen avec les renseignements fournis par les bilans d'imagerie que le patient a déjà en sa possession ou en demander de nouveaux qui seront toujours guidés par les renseignements provenant de l'évaluation clinique (Jacques Rodineau).

Mais il faut en convenir, l'imagerie moderne qui a pris une place considérable dans la médecine moderne (échographie, scanner, IRM), lorsqu'elle est prescrite à tort et à travers, en plus d'être inutile et couteuse en terme de dépenses de santé, va se substituer à la clinique et par excès de sensibilité et manque de spécificité va donner bon nombre de faux positifs.

Hommage aussi au Pr Robert Maigne et à son école de médecine manuelle de l'Hôtel Dieu de Paris ou j'ai fais mes classes et actuellement dirigée par son fils, le Dr Jean Yves Maigne.

Je n'oublie pas non plus le GETM (groupe d'étude des thérapeutiques manuelles) fondé par le Dr Eric de Winter et ses enseignants, tous des passionnés; j'y ai peaufiné mes techniques et enseigné la médecine manuelle-ostéopathie pendant 10 années.

Articles les plus consultés et à juste titre: traumatologie du poignet et de la main, les lombalgies, dont la lecture attentive est recommandée à ceux qui ont mal au bas du dos et à tous les autres à titre préventif, les cervicalgies, les dorsalgies, le syndrome du défilé thoraco-brachial, les entorses et autres traumatismes fermés et les fractures du cou et du médio-pied, des métatarsiens et des sésamoïdes du gros orteil.

Dr Louis Pallure, médecin des hôpitaux, spécialiste en Médecine Physique et Réadaptation, médecin de médecine et traumatologie du sport et de médecine manuelle-ostéopathie, Pr de sport et musculation DE, médecin Athlé 66, comité départemental, ligue Occitanie et fédération française d’Athlétisme.

dimanche 23 novembre 2014

France où est passé ton rugby? Tournoi 2015, finale 2015 coupe d'Europe, phases finales Pro D1. Tournoi 2016, phases finales 2016.

Ou va notre rugby?
Amis lecteurs et amateurs de rugby, vous êtes nombreux à vous interroger sur le parcours ces dernières années de l'équipe de France, ses résultats en dents de scie et la difficulté à tenir son rang dans le concert des grandes nations, et ce malgré une professionnalisation maintenant bien en place de notre sport, un encadrement technique sans aucune mesure avec celui d'avant et une médiatisation des plus présente. Bref, beaucoup d'ingrédients pour que notre équipe de France brille de mille feux et pourquoi pas devienne à son tour championne du monde, objectif affiché de la FFR. Mais voila, l'inconstance dans les résultats malgré les coups de menton et les déclarations d'intention, fait que beaucoup d'inconditionnels ne regardent plus que d'un œil agacé les prestations de notre équipe de France qui pourtant sur le papier n'a rien à envier à celles des autres grandes nations du rugby.
A la lumière de notre dernière prestation contre l'équipe d'Argentine donnée par les spécialistes un ton en dessous de la nôtre, le constat est assez préoccupant, et ce n'est pas les déclarations fracassantes de notre seconde ligne Pascal Papé que l'on a connu plus inspiré, qui feront bouger les lignes. Les Argentins en produisant le jeu de mouvement que nous cherchons en vain à mettre en place et qui a longtemps été notre marque de fabrique: engagement total, solidarité, vitesse individuelle et collective, imagination, virtuosité technique, nous ont donné une véritable leçon de réalisme. Or quand on écoute les premiers commentaires de l'encadrement sportif et des cadres de notre équipe, le refrain est sans cesse le même, "il faut nous remettre au travail". Tout ne serait donc qu'une histoire de pas assez de travail, alors que justement ce qui pêche, ce n'est pas tant la qualité intrinsèque de nos internationaux, mais plutôt ce qu'on leur fait faire: trop de matches, trop de travail, trop de musculation, trop d'agressivité, trop de blessures, des poids de corps trop élevés de 5 à 20 kilos en moyenne suivant les postes, qui pénalisent les vitesses de déplacement et induisent un jeu stéréotypé, basé sur la puissance physique, sans imagination, hyper violent et ne cherchant qu'à détruire.
Pour bon nombre d'observateurs avertis, il est temps de se remettre à jouer au rugby avec ce génie qui nous est propre et mettre fin à cette fabrique de robots sans imagination (exception faîte du Stade Toulousain de Guy Novès, parfaitement incarné à mes yeux par Clément Poitrenaud qui est pour moi la référence du jeu d'attaque de ces dix dernières années et l'UBB et en particulier de leur coach Vincent Etchéto), en commençant par virer tous ceux qui ont laissé les clefs du camion à ces apprentis sorciers de la préparation physique qui prônent à la fois une augmentation outrancière de la masse musculaire base de cette violence qui dénature notre sport et une vitesse maximale aérobie élevée, c'est à dire tout et son contraire. Virer également tous ces médecins fédéraux qui ne jouent plus leur rôle de garde fou de la santé de nos joueurs. Si rien ne change, la prochaine coupe du monde pourrait tourner à la désillusion et le désamour s'installer encore plus durablement dans les esprits. Malgré tout, ne désespérons pas, notre belle France est terre de rugby, nos joueurs sont potentiellement doués et nous ne manquons pas de dirigeants et d'éducateurs de haut niveau. Vive notre 15 de France, vive le rugby. Dr LP
Tournoi 2015.
Après la raclée subie il a 2 ans en terre Galloise (30 à 3), on pouvait craindre encore une fois pour les Anglais qui devaient faire face à une incroyable série de forfaits sur blessure de ses meilleurs joueurs. Et pourtant, surprise et incontestable victoire du 15 d'Angleterre, face à une équipe Galloise donnée favorite sur son terrain fétiche du Millenium Stadium et qui vient de se casser le nez devant la vivacité et la maîtrise d'une équipe anglaise, dominatrice en mêlée fermée, et d'une paire de centres qui nous ont régalé par un jeu d'évitement autrement plus spectaculaire que le jeu stéréotypé de leur pourtant réputés vis à vis. D'entrée de jeu, ce 15 d'Angleterre se positionne pour la victoire finale dans le tournoi et affiche d'ores et déjà ses ambitions pour la prochaine coupe du monde. Puisse notre 15 de France, s'inspirer de cette domination en mêlée fermée et de ce jeu de contournement au centre de l'attaque qui fut longtemps notre marque de fabrique et que Serge Blanco, le coordinateur de cette équipe saura rappeler aux uns et aux autres, pour l'avoir magnifiquement incarné en son temps avec son compère Lagisquet, en particulier lors d'un des meilleurs matches du 15 de France, lorsqu'il fut à la conclusion d'un essai qui qualifia notre équipe 30/24 pour la finale de la coupe du monde 1987 au dépend de l'équipe d'Australie. 

Victoire sans la manière (15-08) de notre 15 de France contre celui d'Ecosse. Mais victoire quand même et c'est tout ce qu'il faut retenir. Notre équipe est toujours sans repaires, sans schéma de jeu, sans génies aux postes clés, sans vitesse et sans possibilité de changer de rythme. En face les Ecossais au jeu incomparablement plus fluide, auraient pu tout aussi bien l'emporter. Avec un peu plus de densité physique, ces Ecossais pourraient surprendre les meilleures équipes. Quant à la France, notre staff s'obstinant à sélectionner des costauds pas encore ou plus du tout au top niveau, mis à part notre Numéro 7 et 3 ème ligne Leroux et le prometteur ailier Thomas qui doit quand même améliorer sa défense, c'est inquiétant pour la suite. Serge Blanco, pour l'instant, votre nomination auprès du 15 de France ne se traduit ni dans le choix des hommes, ni dans le jeu, et pendant ce temps on continue à s'ennuyer ferme. Pourtant PSA, notre coach, persiste et reconduit à peu près la même équipe (départ du centre Fickou et rappel du pilier Debaty) pour affronter sur leurs terres les terribles Irlandais. Tout ça ressemble bien à une défaite annoncée, mais puissé-je me tromper. Ce PSA fut pourtant en son temps un adepte du jeu à la main; excellent finisseur il fut à la conclusion d'une action d'éclat contre le 15 d'Angleterre, au terme d'une action de 100 mètres lancée depuis la ligne d'en-but française par Serge Blanco et Pierre Berbizier, essai considéré toujours comme l'un des plus beau marqué dans un Tournoi des cinq nations. 

Irlande 18, France 11 avec tout de même un essai (d'avants) pour nos bleus à la clé et un 15 d'Irlande qui a assuré le minimum. L'ennui quand même, pendant pratiquement une heure de jeu, puis menés 18/6, réveil de notre équipe qui s'est enfin lâchée en s'appuyant sur un banc de remplaçants qui a enfin dynamisé notre jeu. Défaite qui laisse quand même entrevoir une possible victoire contre le 15 de Galles, dans 15 jours au stade de France, à condition d'être davantage disciplinés et de retrouver une charnière et un buteur, très loin encore des standards Européens. Devant, Bernard Leroux est toujours impeccable, tandis que derrière, Matthieu Bastareaud, paradoxalement, est notre meilleur élément. PSA pourquoi ne donnez vous pas dans la perspective de la coupe du Monde, une chance supplémentaire à Maxime Mermoz, Jules Plisson et Brice Dulin qui sont de véritables attaquants davantage capables de déstabiliser les défenses que les titulaires actuels?

A nouveau des changements pour affronter le 15 de Galles dans quelques jours au stade de France (exit Bastareaud, entrées de Parra, Lamerat, Guitoune, Dulin). Il est bon de rappeler que notre staff fut en son temps un trio d'attaquants de haut vol, l'un, Blanco, était un pur créatif, l'autre, St André, un puncheur, et pour le dernier Lagisquet, son atout maître était sa vitesse de course d'ou une incompréhension totale devant la pauvreté du jeu de nos lignes arrières. Rien à dire cependant sur leur choix, si ce n'est un déficit en vitesse pure sur les 2 ailes de notre attaque et une tendance à repiquer vers l'intérieur, alors que le plus souvent la solution est sur l'extérieur, le long de la ligne de touche. Mais indéniablement cette nouvelle ligne d'attaque a belle allure sur le papier, mais alors cette fois ci Lopez notre 10, devra être beaucoup plus convaincant que lors de ses deux dernières sorties; peut être aussi une nouvelle chance offerte à Plisson, incontestablement plus offensif, s'il venait à entrer en cours de jeu. En face, de la qualité à tous les postes, mais peu d' imagination véritable. Suspense. 
De suspense il n'y en a eu guère, malgré les déclarations optimistes d'avant match des coaches et de nos joueurs, une rentrée assez satisfaisante de Dulin à l'arrière et 10 bonnes minutes en 2ème mi-temps. En face nous avons eu droit à une formation Galloise bien organisée et qui a récité son rugby comme à l'entraînement. Quant à notre 15 de France, désorganisé par la sortie rapide sur blessure de Lamerat, il s'est encore une fois montré incapable d'accélérer le jeu et s'est incliné sans panache. 

Zéro pointé et faute professionnelle pour notre staff qui n'a pas jugé utile de remplacer un Lopez toujours approximatif dans son rôle de buteur et de distributeur. La rentrée de Plisson en 2ème mi-temps pourtant s'imposait et aurait pu s'avérer bénéfique dans la conduite du jeu; en tous cas il fallait la tenter. Frustration donc sur toute la ligne, à la fois pour le public du stade de France et pour tous les amateurs de rugby et vive inquiétude pour le prochain match contre un vaillant 15 d'Italie qui s'est offert le luxe de coiffer sur le poteau un 15 d'Ecosse pourtant donné favori sur son terrain fétiche de Murrayfield et qui à n'en pas douter ne fera aucun complexe à domicile, face à notre 15 de France.

Le lendemain, le 15 d'Irlande, du moins tant que son ouvreur Sexton était à la baguette, maîtrisait entièrement son rugby, face à un 15 d'Angleterre muselé au centre de l' attaque. Au final un bon match de rugby, des Irlandais intelligents à tous les niveaux et des Anglais qui sont dans l'obligation de rebondir.


Rude empoignade au Millénium de Cardiff; le 15 de Galles prive celui d'Irlande d'un possible grand Chelem. Avec d'un côté un Sexton, nettement moins performant que d'habitude dans la conduite du jeu Irlandais et de l'autre, un Sam Warburton, le capitaine et une équipe Galloise énorme en défense. 
Victoire sans convaincre, 25/13, du 15 d'Angleterre grâce à son génial ouvreur Georges Ford, mais beaucoup d'imprécisions et d'occasions gâchées, avec toutefois un potentiel impressionnant devant, au niveau des demis et derrière dont nos Bleus dans 1 semaine à Twickenham, pourraient faire les frais, à moins d'un sursaut d'orgueil toujours possible en rugby. En face, les Ecossais, n'ont tenu qu'une mi-temps par manque de densité physique. 
Belle victoire de notre 15 de France à Rome face à des transalpins transparents; bonne tenue en mêlée de notre pack et rentrée prometteuse de Jules Plisson à l'ouverture. Tout ça demande à être confirmé samedi prochain, lors du Crunch contre le 15 d'Angleterre, une victoire ou même une courte défaite avec de l'engagement physique,  permettrait d'engranger de la confiance pour la prochaine coupe du monde. 

Somptueuse après midi de rugby, des essais à foison, mais des bleus trop faibles en défense et des buteurs maladroits pour espérer l'emporter; au final distancés de 20 points, ils se sont malgré tout enfin lâchés en marquant 5 essais. Avantage dans ce tournoi 2015 au 15 d'Irlande, mais avec un 15 d'Angleterre qui affiche clairement ses ambitions pour la prochaine coupe du monde et un 15 de France à sa place, la quatrième, mais aussi quelques espoirs et beaucoup d'incertitudes à certains poste clés, en particulier au niveau de la charnière et grosse insuffisance au niveau du buteur.

Finale Coupe d'Europe 2015
Etrange  paradoxe, alors qu'à l'international l'équipe de France est à la peine, finale Européenne 100% française à Twickenham. Sans être fan des 2 équipes compte tenu de la part belle faîte dans ces 2 clubs à l'argent, au grand nombre de joueurs étrangers sur la feuille de match, à tous ces joueurs bodybuildés à l'extrême et à ce jeu tout en percussion qui en découle et que je ne prise guère, force est de reconnaître que le RCT du duo Mourad Boudjellal et  Bernard Laporte n'a pas volé ce 3ème sacre européen de rang, que décidément les grands joueurs ne meurent jamais et que le président et le manager général de Toulon sont de sacrés bonhommes, même si au nouveau visage du RCT, je préférais 100 fois le Toulon d'André Herrero, Aldo Gruarin, Jérôme Gallion, Eric Champ et consorts.
Force aussi est de constater que le Rugby a rejoint le Football sur bien des points et qu'il sera bien difficile de faire marche-arrière. Faut-il s'en réjouir ou le déplorer, l'avenir nous le dira? Mais ce que l'on constate, c'est la lente désagrégation des équipes de rugby du Sud de la France, places fortes traditionnelles de notre sport, au détriment des grandes métropoles ou de celles qui disposent d'un matelas financier sans commune mesure avec les budgets étriqués des villes moyennes. Pas sûr au final que le beau rugby sorte gagnant de cette évolution gargantuesque de sa pratique au plus haut niveau qui ne fait plus rêver.
Phases finales Top 14
Victoire sans bavure du Stade Français face à un Racing Métro qui n'a jamais pu se hisser à la hauteur du jeu complet dans toutes ses lignes de son adversaire du jour et qui place les Parisiens d'ores et déjà comme un prétendant sérieux à la finale. Toulon, malgré son titre de champion d'Europe devra se sublimer s'il veut vaincre cette éblouissante équipe Parisienne. 
Victoire à l'arraché de notre cher Stade Toulousain devant une décidément surprenante équipe d'Oyonnax qui aurait pu tout aussi bien l'emporter. Toulouse devra considérablement élever son niveau de jeu s'il veut se qualifier pour la finale face à un Clermont qui fait figure de favori logique, mais qui devra quand même se méfier des hommes de Guy Novès qui voudront en guise de cadeau d'adieu à leur coach d'exception, lui offrir une toute dernière fois, une place en finale. 
Saluons enfin la juste décision de la FFR qui a fait le choix du Toulousain comme patron de notre 15 de France, le seul capable dans la lignée du tandem Villepreux / Skréla de redonner du lustre à l'international à nos couleurs.
Superbe victoire du Stade Français dans cette demi-finale qui a dominé dans tous les secteurs de jeu le grand favori et triple champion d'Europe le RC Toulon, avec un cinq de devant solide, une troisième ligne royale (Burban, Parissé, Lakafia),  des demis inspirés, un buteur (Morne Steyn) qui a su concrétiser la large domination de son équipe et une ligne d'attaque séduisante qui pratique un rugby plaisant dont devrait s'inspirer notre 15 de France. Les Toulonnais qui cette année ne disposent plus de leur meneur de jeu et buteur d'exception que fut Jonny Wilkinson ont complètement déjoué et vont devoir renouveler une bonne partie de leur effectif (coaches et joueurs) et revoir leur fond de jeu s'ils veulent continuer à jouer les premiers rôles dans le rugby Hexagonal et Européen.
Victoire de Clermont dans les toutes dernières minutes d'un match âprement disputé et indécis jusqu'au bout grâce à la précision au pied de leur ouvreur Brock James sur un Stade Toulousain qui n'a pas su conserver la petite avance qu'il avait patiemment acquise au fil du match et donner à Guy Novès l'ultime possibilité de disputer une dernière finale au stade de France. Ce n'est qu'un au revoir Guy, puisse tu ces prochaines années redonner à notre cher 15 de France ce lustre qui lui fait tant défaut depuis quelques années.
Paris, fort dans les fondamentaux, a plié en seconde mi-temps mais n'a pas rompu devant une équipe de Clermont qui semble avoir perdu son beau rugby et s'est finalement logiquement inclinée dans cette finale peu spectaculaire, entièrement verrouillée sur le plan du jeu et qui ne fait pas honneur à notre sport, même si l'important dans une finale, c'est de la gagner.
Pour en finir avec cette saison de rugby,  je voudrais rendre hommage à l'esprit offensif de l'équipe de Bègles - Bordeaux impulsé par l'un de ses coach Vincent Etcheto; cette équipe nous a régalé toute la saison et même depuis quelques années, par son jeu d'attaque. Il se trouve que ce Mr Etcheto est également et ce n'est pas pour me déplaire, homme de caractère et excusé du peu, petit fils de l'immense Jean Dauger  et fils du talentueux Roger, l'ancien ouvreur  et coach de Bayonne. Il vient malgré tout de se faire virer par son président, mais parions qu'il va rebondir très haut et ce sera tant pis pour l'UBB et tant mieux pour le club qui aura l'intelligence de s'attacher ses services.
Tournoi 2016
Premier match de l'ère Novès et première victoire de notre 15 de France face à un 15 d'Italie beaucoup plus talentueux que ce que l'on annonçait; victoire acquise à l'arraché mais bonne pour la confiance, grâce à la précision du jeu au pied de notre excellent (surtout en 2ème mi-temps) ouvreur Jules Plisson et surtout grâce à la seule erreur de jugement du capitaine et leader du jeu Italien Sergio Parissé, encore une fois impressionnant sur l'ensemble de la rencontre, mais qui aurait du laisser son ouvreur porter l'estocade finale, au lieu de tenter lui même ce drop goal qui aurait inversé le résultat final. A noter toutefois et ce n'est pas pour nous déplaire, un jeu de notre EDF davantage porté vers l'offensive et la vivacité que sous l'ère Saint André, mais avec encore trop de lacunes, en particulier défensivement, pour espérer comme jadis, jouer les tous premiers rôles.
Attendons avec impatience le prochain match face aux redoutables Irlandais, sur leur terre, cette fois ci sans l'un de nos atouts-maître, notre N° 8 Louis Picamoles, blessé aux ischio-jambiers.
Bonne entame de tournoi pour le 15 de la Rose, redoutable dans toutes ses lignes, face à un 15 d'Ecosse en progrès, mais pas encore au niveau des trois autres nations Britanniques.

Courte mais encourageante victoire 10/9 de notre 15 de France contre ce 15 d'Irlande qui nous avait dominé de la tête et des épaules lors de la dernière coupe du monde.
Défaite avec les honneurs de notre EDF (encore balbutiante mais avec un immense Guilhem Guirado) 10/19 contre un 15 du Pays de Galles qui peut viser cette année le grand Chelem à condition de vaincre la terrible équipe d'Angleterre, qui apparemment à bien digéré le traumatisme récent de son élimination prématurée en coupe du monde. 
Phases finales du championnat de France
Superbe demi-finale en pays Breton qui me réconcilie avec le rugby de mouvement. Il fallait un vainqueur et ce fut de justesse le Racing, face à des Clermontois qui à quelques minutes du terme menaient de 6 points et n'auraient jamais du perdre, après avoir fait le plus difficile. Hommage aux deux équipes et vive le rugby de mouvement.

2 commentaires:

  1. Bonjour Docteur.
    Habituellement, je trouve à redire dans les commentaires "analytiques" plus ou moins avisés que je peux lire ça et là...
    Mais dans vos propos, point. Rien à contester, votre vision et votre avis sont plus que pertinents.
    Oui, nos joueurs sont des "manches" alors qu'ils devraient être des "lames".
    Oui, la masse n'est qu'un facteur. Mais elle est soumise à l'inertie, et à elle seule ne peut être LE facteur déterminant lors d'une performance victorieuse. Et perdre cette sale habitude du "plus" prendra des années... alors que le "mieux" est si facile, car si près.
    Oui, notre "French flair" a foutu le camp. Et nos excellents championnats n'y peuvent rien. Les joueurs étrangers nous sont indispensables (et beaucoup sont Français ou quasiment... James, Kockott, Parissé, Nalaga, Gorgodze, Giteau, Francis, Imhoff, etc.). Mais nos cadres fédéraux ont manqué de discernement, et n'ont pas su repérer ce qu'il fallait pour enrichir nos Bleus. Si les Blacks sont des références... pourquoi ne pas, tout simplement, s'en inspirer plus et mieux ?
    Oui, notre manque de technicité et de rapidité (donnée récente, car durant 20 ans les autres équipes nous ont couru après) nous fait perdre. Malgré notre niveau de jeu global, et les individualités de certaines de nos joueurs, nous ne réussissons pas. Et nos échecs en "Seven" sont significatifs, alors que nosu devrions être dans le top 5 mondial puisque nous avons le "French flair", l'arme absolue dans le rugby à 7.
    Oui, la France est en-dessous de sont vrai niveau. Et pour avoir travaillé dans l'organisation de "RWC France 2007", j'ai entendu beaucoup d'avis inquiets sur l'état de notre rugby. Un peu comme ce qu'on entendait dans les années 1990 sur la médiocrité de l'équipe d'Angleterre.
    Oui, lire "à la limite du surentraînement" est très très inquiétant ! Quand on est préparateur (je suis titulaire de plusieurs qualifications d'Etat ou fédérales, et ai pratiqué quelques 23 sports), on est saisi à la lecture d'une telle formule. Un de mes mémoires en STAPS était justement consacré à ce mal, et il m'est inconcevable de voir qu'un préparateur de niveau international s'en amuse presque... et lance de genre de formule, comme un gamin nous balancerait un "Et toc, dans l'os !". Si je dirige son équipe, je le convoque, et s'il n'est pas clair sur ses intentions... je le vire !
    Oui, notre rugby est encore riche. Quand je vois les matches de Fédérale 1 ou de ProD2, quand je vois les matches de Comités, quand je vois que les équipes jeunes sont dans leurs top 5 sur presque toutes les compétitions... je souris. Et me mets à rêver que toutes les bonnes choses qu'on y voit pourraient un jour "contaminer" nos "grands Bleus".
    Oui, il y a de l'espoir... mais aussi beaucoup de travail. Et d'humilité. Et de pertinence.
    Et de repos... car sans repos profond et complet, point de travail de qualité !
    Merci pour votre blog, et toutes vos publications. Je reviendrai sous peu pour un tout autre sujet.
    Gilles

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    1. Bonjour Gilles, je plussoie à la totalité de votre commentaire. Dr LP

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