Avis à lire par tous les lecteurs:

Les premiers articles du blog "Un médecin du sport vous informe" datent de 2013, mais la plupart sont mis à jour pour pouvoir coller aux progrè médicaux. Ce blog inter-actif répond à la demande de nombreux confrères, kinésithérapeutes, étudiants en médecine et en STAPS, patients et sportifs. Il est le reflet de connaissances acquises tout le long de ma vie professionnelle, auprès d'enseignants remarquables, connaissances sans cesse actualisées que je me suis efforcé de rendre accessibles au plus grand nombre par le biais d’images trouvées sur le Net, images qui sont devenues par la force des choses, la propriété intellectuelle de tous; si cela dérange, ces images seront retirées.

Certains articles peuvent apparaître un peu plus polémiques que d'autres et indisposer, mais il n'est pas question pour l'auteur de tergiverser ou de se taire, quand il s'agit de problèmes d'éthique, en particulier en matière de dopage et quand la santé des sportifs est en jeu, compte tenu du nombre élevé de blessures liées au surentraînement et à une pratique imbécile d'une certaine musculation, qui n'est plus au service de la vitesse et de la force explosive utile (et non de la force maximale brute), qui sont les deux qualités physiques reines, qui ne respecte pas les règles de la physiologie musculaire et qui, au lieu d'optimiser la performance, fait ressembler certains sportifs body-buildés à l'extrême, davantage à des bêtes de foire gavées aux anabolisants, qu’à des athlètes de haut niveau.

Ce blog majoritairement consacré à la traumatologie sportive, est dédié à mes maîtres les Prs Jacques Rodineau, Gérard Saillant et à tous les enseignants du DU de traumatologie du sport de Paris VI Pitié Salpétrière et en particulier aux docteurs Jean Baptiste Courroy, Mireille Peyre et Sylvie Besch. L'évaluation clinique y tient une grande place: "la clinique, rien que la clinique, mais toute la clinique" et s'il y a une chose à retenir de leur enseignement, c'est que dans l'établissement d'un diagnostic, l'examen clinique, qui vient à la suite d'un bon interrogatoire, reste l'élément incontournable de la démarche médicale. Toutefois dans le sport de haut niveau et guidé par la clinique, l'imagerie moderne est incontournable : radiographie conventionnelle, système EOS en trois dimensions pour les troubles de la statique rachidienne, échographie avec un appareillage moderne et des confrères bien formés, scanner incontournable dans tous les problèmes osseux et enfin IRM 3 Tesla, le Tesla étant l'unité de mesure qui définit le champ magnétique d'un aimant; plus le chiffre de Tesla est élevé et plus le champ magnétique est puissant ("à haut champ") et plus les détails des images sont fins et la qualité optimale.

Hommage aussi au Pr Robert Maigne et à son école de médecine manuelle de l'Hôtel Dieu de Paris ou j'ai fais mes classes et actuellement dirigée par son fils, le Dr Jean Yves Maigne. Je n'oublie pas non plus le GETM (groupe d'étude des thérapeutiques manuelles) fondé par le Dr Eric de Winter et ses enseignants, tous des passionnés; j'y ai peaufiné mes techniques et enseigné la médecine manuelle-ostéopathie pendant 10 années.

Dr Louis Pallure, médecin des hôpitaux, spécialiste en Médecine Physique et Réadaptation, médecin de médecine et traumatologie du sport et de médecine manuelle-ostéopathie, Pr de sport et musculation DE, ex médecin FFRugby et USAP Perpignan, Athlé 66, comité départemental 66, ligue Occitanie et Fédération Française d’Athlétisme, médecin Etoile Oignies Athlétisme.

A l'attention des lecteurs de ce blog : certains d'entre vous m'interrogent pour des problèmes de santé en rapport avec les différents articles. Pour une raison que j'ignore les questions posées ne me parviennent pas comme auparavant, et je ne peux donc pas y répondre. Merci de me faire parvenir vos éventuelles questions sur ma boîte Mail : p6654@msn.com Dr LP
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samedi 13 décembre 2014

Après rupture isolée du LCA, est il possible pour un sportif d'échapper à la chirurgie?

Pendant une bonne trentaine d'année, pour un sportif et quelque soit son niveau de pratique, une rupture du ligament croisé antérieur du genou (LCA) était synonyme de réparation chirurgicale dans des délais extrêmement courts qui allaient de un à quelques jours ou quelques semaines, tandis que le traitement fonctionnel ou orthopédique était systématiquement cloué au pilori non seulement par les chirurgiens orthopédistes, mais également par la quasi totalité des médecins du sport. Mais ces dernières années, deux éminents éditorialistes du Journal de Traumatologie du sport, Christian Lutz et Jacques Rodineau ont attiré l'attention sur la nécessité de remettre en cause cette façon dogmatique de procéder en prenant en compte que le retour à son niveau de pratique antérieur chez un sportif opéré, oscille entre 50 et 75% et que le pronostic chondral (cartilagineux) à long terme, pourvoyeur d'arthrose post traumatique du genou, n'est pas amélioré après chirurgie. C'est ce changement de paradigme qui est en train de s'opérer, que nous allons développer dans cet article.
La jurisprudence Réveillère, joueur de football international, est la parfaite démonstration que le tout de suite la chirurgie ne se justifie pas +++
Le 22 novembre 2008, Anthony RÉVEILLÈRE de l’Olympique Lyonnais joue contre le PSG et se rompt le ligament croisé antérieur. Malgré les pressions du staff et l'avis de son chirurgien, il refuse de se faire opérer et opte pour une rééducation intensive. Son LCA cicatrise et il rejoue le 11 avril 2009, soit quatre mois et demi après son entorse et en tout cas plus vite qu’après une opération. Depuis, il n’a pas récidivé et poursuit une carrière pro en Angleterre, 6 ans après son traumatisme.
Conclusion: toute lésion du ligament croisé antérieur dans les sports de pivot-contact à très haut niveau ne nécessiterait donc pas toujours de reconstruction chirurgicale et le cas Réveillère en tout cas doit inciter à réfléchir.
Généralités
Le ligament croisé antérieur (LCA) du genou est un ligament torsadé composé de 2 faisceaux, un faisceau principal antéro-médial qui bloque l'avancée du tibia et contrôle donc la translation antérieure et un faisceau postéro-latéral qui limite la rotation interne.



Anatomie du LCA

Le LCA est très sollicité dans les activités sportives de pivot qui se caractérisent au niveau du genou par des rotations internes susceptibles d’entraîner sa rupture: réception de saut, changement de direction au tennis, en ski et dans les activités de pivot contact qui supposent que le mouvement est contrarié par un adversaire: football, rugby, sports de combat.

               

Sports de pivot-contact

Sa rupture survient chez un sujet jeune et sportif, volontiers de sexe féminin, avec un retentissement fonctionnel variable. Le prix à payer va être très lourd pour le sportif et pour l'assurance maladie qui  finance, surtout si réparation chirurgicale.

Epidemiologie
La fréquence
L'activité physique et sportive est grande pourvoyeuse de ruptures du ligament croisé antérieur. De 65% pour Miyasaka à 75 % pour Nicolas Lefèvre (clinique du sport Paris V).
16 000 ruptures du ligament croisé antérieur par an surviennent en France lors de la pratique du ski; aux USA on comptabilise 38000 lésions du LCA par an chez les féminines et en Norvège on compte 85 ruptures du LCA pour 100 000.


Cette fréquence des ruptures du LCA dépend du type d’activité sportive et du niveau d’activité; Roos rapporte une incidence de rupture du LCA 3,3 fois plus importante pour les joueurs pros de football que pour les amateurs et une incidence 1,8 fois plus importante pour les attaquants que pour les joueurs occupant un autre poste sur le terrain.
Pour Bjordal, le risque est surtout lié au nombre d’heures pratiquées et au type d’action sportive.


L’âge moyen de survenue est de 30 ans. Les femmes constituant une population à haut risque lorsqu'elles ont entre 15 et 19 ans.
Le sexe: la rupture du LCA est 2 à 6 fois plus fréquente chez la femme. La différence avec les hommes est liée à une étroitesse anatomique de l'échancrure inter-condylienne, mais aussi à un déséquilibre du contrôle neuro-musculaire et aux variations hormonales du cycle menstruel.
Le coût estimé aux USA serait de 17 000 dollars si le LCA est réparé chirurgicalement et de 2000 dollars, s'il est non opéré.
Lésion Isolée du Ligament Croisé Antérieur, évolution des idées et des pratiques.
Jusqu'aux années 70, une rupture du LCA était considérée comme un accident traumatique grave avec des complications importantes et un reprise sportive incertaine.
En 1994, une conférence de consensus sur l’arthroscopie du genou concluait à propos du ligament croisé antérieur que, devant un genou traumatique récent il n’y avait pas lieu d’avoir recours à l’arthroscopie pour établir un diagnostic de lésion du LCA, mais que dans le traitement des lésions ligamentaires chroniques, la place de l’arthroscopie était prééminente et constituait le premier temps exploratoire, mais aussi une aide à la reconstruction ligamentaire, et permettait les sutures méniscales périphériques quand elles étaient nécessaires.
En juin 2008, la HAS (haute autorité de santé) et un panel d'experts émettait un certain nombre de recommandations professionnelles sur la prise en charge chirurgicale des lésions isolées du ligament croisé antérieur, à partir de 4 niveaux de preuves fourni par des études thérapeutiques sur la réparation du LCA. Ils ont émis 3 grades de recommandations, A, B et C. L’objectif de ce travail étant de promouvoir de bonnes pratiques en cas de traitement chirurgical.
Etudes thérapeutiques de niveau 1 = recommandations de grade A = preuve scientifique établie.
- Essais comparatifs randomisés de forte puissance.
- Méta-analyse d’essais comparatifs randomisés.
- Analyse de décision basée sur des études bien menées.
Etudes thérapeutiques de niveau 2 = recommandations de grade B = présomption scientifique.
- Essais comparatifs randomisés de faible puissance.
- Études comparatives non randomisées bien menées.
- Études de cohorte.
Etudes de niveau 3 = grade B = présomption scientifique.
- Études cas-témoins.
Etudes de niveau 4 = grade C = faible niveau de preuve.
- Études comparatives comportant des biais importants.
- Études rétrospectives.
- Séries de cas.
La clinique

Le diagnostic clinique d'une rupture du LCA doit être réalisé au mieux immédiatement ou dans l'heure qui suit le  traumatisme; si ce n'est pas le cas, la plupart du temps, le genou gonfle rapidement et devient difficilement inexaminable.

Le diagnostic de rupture du ligament croisé antérieur doit reposer sur l’examen clinique, temps essentiel pour le diagnostic:
1- l’interrogatoire: il doit faire préciser le mécanisme lésionnel, genou en hyper extension ou en hyper-flexion, en VRI ou en VFE, notion d’un craquement ou d’un dérobement.
2- l’examen physique comparatif: cherche à mettre en évidence une laxité: c'est la manœuvre de Lachman qui objective une translation antérieure du tibia sous le fémur à 20° de flexion, typiquement avec arrêt mou. Cette manœuvre est toujours réalisable même sur un genou fraîchement traumatisé. Elle est d’une grande spécificité et sensibilité.

Lachman

Les manœuvre de ressaut en rotation interne (Lemaire, pivot shift, jerk test, etc.) ne sont pas réalisables sur un genou fraîchement traumatisé. Sur une laxité chronique elles reproduisent la sensation d’instabilité ressentie par le blessé.


signe de Lemaire

Le tiroir antérieur direct (TAD) à 90°, sa présence en post traumatique immédiat témoigne d’une globalisation de la laxité avec association lésionnelle.  Son absence ne signifie pas une absence de rupture du LCA.

TAD

L'imagerie
Le bilan radiographique standard doit être systématique. Il permet de rechercher d’éventuelles fractures parcellaires et d’apprécier la hauteur des interlignes.

                                           Fracture de Segond du plateau tibila externe

L'IRM a surtout l’intérêt de rechercher d’éventuelles lésions associées méniscales, cartilagineuses et osseuses. Elle ne doit pas être systématique, mais constitue une aide précieuse à la décision chirurgicale éventuelle.


Histoire naturelle d'un LCA rompu
Les ruptures du ligament croisé antérieur, excepté les ruptures intra - parenchymateuses, ne cicatrisent pas spontanément. Elles s’accompagnent fréquemment d’une instabilité fonctionnelle faîte de dérobements et de gène à la pratique sportive, et ce d’autant plus que le patient est jeune, pratique un sport de pivot et présente un ressaut franc. Cette instabilité fonctionnelle peut se manifester aussi dans les activités quotidiennes ou parfois rester muette.
En l’absence d’intervention, les ruptures complètes du ligament croisé antérieur laissent habituellement persister une laxité résiduelle. L'important sera de l'appréhender sous l'angle fonctionnel d'une instabilité potentielle, et sous l'angle anatomique d'un risque de dégradation méniscale accéléré et d'une dégradation cartilagineuse secondaire; quant à l’arthrose avérée, elle est diagnostiquée plus de 30 ans après le traumatisme initial.
Toute rupture du ligament croisé antérieur ne justifie pas une prise en charge chirurgicale. La décision d'opérer doit être raisonnée et se baser sur les résultats attendus de stabilisation post chirurgicale du genou, de reprise des activités en particulier sportives, et de préservation de l’avenir du genou en limitant le risque de lésion méniscale secondaire et éventuellement de dégradation cartilagineuse, la présence de signes arthrosiques variant entre 10 et 70% après 5 à 15 d’une plastie du LCA.
Techniques chirurgicales du LCA par autogreffe
La chirurgie de reconstruction du LCA fait appel en France quasi exclusivement à l’autogreffe tendineuse.
L'age.
L’âge au delà de 40 ans n’est pas en soi une contre indication à la chirurgie à condition que le genou ne présente pas de pathologie dégénérative au niveau du cartilage.
Le délai d'intervention.
On entend par intervention retardée du LCA, une intervention au delà de 3 mois, effectuée sur un genou non inflammatoire. Il n’y a donc pas d’indication à opérer un sportif en urgence pendant cette période inflammatoire de 3 mois, sous peine d’augmenter la morbidité opératoire.
Mobilité du genou et force du quadriceps sont en effet statistiquement plus élevées si la chirurgie est différée et le fait que l’intervention de reconstruction par autogreffe est identique en aigu ou en chronique et l’absence de perte de chance dans le résultat plaidant en faveur d’une intervention retardée à un stade où les phénomènes inflammatoires ont disparu.
La reconstruction par ligamentoplastie KJ os-tendon-os dans un délai d’un an après la rupture du ligament, a permis d’obtenir une meilleure fonction du genou, un meilleur prise en charge thérapeutique des lésions méniscales associées et des lésions isolées du ligament croisé antérieur, et de prévenir de manière significative la survenue de lésions méniscales secondaires.
Pour Eriksson et al, le délai optimum doit être de moins de 5 mois après le traumatisme.
En cas d'association d'une rupture du LCA avec une lésion méniscale en anse de seau luxée et ou une lésion ostéo-chondrale mobile de gros volume, il faut envisager une chirurgie précoce afin de traiter simultanément la rupture ligamentaire et la ou les lésions associées (accord d’experts).
En dehors de ces cas, un traitement fonctionnel devrait être entrepris pendant quelques mois devant une rupture récente du ligament croisé antérieur, avant de décider d'une éventuelle ligamentoplastie chirurgicale.
La voie d'abord.
La voie arthroscopique est la seule qui permette dans le même temps opératoire, un bilan complet de l’articulation, de meilleures suites opératoires, une baisse de la morbidité post opératoire et une récupération plus rapide.
Le choix du transplant.
Il est fonction du résultat fonctionnel évalué sur l'IKDC (International Knee Documentation Committee) qui sont des critères subjectifs, sur la laxité résiduelle, les douleurs, le flessum résiduel et le niveau de reprise sportive.
Le Kenneth Jones os tendon os et le DIDT à 4 brins ont des résultats équivalents et les recommandations sont de grade A. Il n'a pas été possible à partir des données de la littérature d'établir de recommandations sur les ligamentoplasties de type Mac Intosh au fascia lata et celles à partir du tendon quadricipital.


KJ


DIDT
Le positionnement optimal du transplant.
Le positionnement du transplant même sous arthroscopie n’est pas aisément reproductible; or c'est un facteur essentiel du succès de la ligamentoplastie.
De nombreuses études confirment le lien entre le positionnement du transplant et la laxité résiduelle, le positionnement du transplant et le taux de réintervention. Et 2/3 des ligamentoplasties itératives sont associées à un mauvais positionnement fémoral et/ou tibial du transplant.
Le mode de fixation de la plastie.
La fixation du transplant par des vis d’interférence fémorale et tibiale est la technique de référence. Une double fixation au fémur ou au tibia est inutile, sauf tenue médiocre de la vis tibiale.
Cette vis peut être métallique ou bio-résorbable, et il n’a pas été mis en évidence de différences entre les deux (grade C).
Les vis composites ostéo-inductrices sont en cours d’évaluation. En cas de vis métallique, l’utilisation de titane facilite l’interprétation des IRM et scanners post opératoires. L’utilisation d’une vis résorbable facilite l’imagerie par IRM post opératoire et en cas de reprise chirurgicale éventuelle.
Place de la ténodèse latérale de Lemaire.
Les résultats satisfaisants des plasties intra articulaires KJ ou DIDT même au delà de 50 ans, et l’absence de contrôle de la translation antérieure par la ténodèse latérale, conduisent à ne pas recommander la ténodèse latérale isolée de Lemaire quel que soit l’âge (Accord d’experts et Grade B).
Quant à la plastie latérale associée à la plastie intra - articulaire, elles ne peuvent être envisagées que dans le cadre d’une laxité antérieure globale. En l’absence d’étude prospective comparative de puissance suffisante publiée dans ce cadre particulier de laxité antérieure globale, cette proposition est un accord d’experts.

Ténodèse latérale avec le fascia lata

Place de la plastie à double faisceau.
La plastie à double faisceau s’appuie sur le fondement anatomique logique que le LCA est constitué de 2 faisceaux. Cependant cette plastie à double faisceau est techniquement plus difficile et ses résultats sur le bénéfice fonctionnel à moyen terme sont encore controversés, et l’absence d’études sur les difficultés d'une possible reprise chirurgicale et la nécessité d’une fixation habituellement quadruple en font encore une technique en cours d’évaluation (Grade B).
La chirurgie assistée par ordinateur
Bien qu’aucune étude n’en démontre le bénéfice fonctionnel, cette assistance permet d’améliorer la reproductibilité du positionnement des tunnels et de quantifier la laxité en particulier rotatoire en per opératoire.
La difficulté de mise en œuvre de cette technique, son coût et la courbe d’apprentissage propre à toute chirurgie assistée par ordinateur en font encore actuellement une technique en évaluation mais qui à l’avenir devrait aider à préciser les options chirurgicales.
Technique TLS de greffe courte
Cette technique TLS semble promise à un bel avenir mais doit encore faire l'objet d'études prospectives pour assoir définitivement sa fiabilité.
TLS est un système de reconstruction des ligaments croisés du genou imaginée par le Dr Michel Collette, chirurgien orthopédiste belge, qui en a décrit les principes en 2001 et les a peaufinés avec le Dr Xavier Cassard, chirurgien toulousain. Cette technique offre les avantages combinés d’une greffe courte mécaniquement très performante à partir d'un seul tendon IJ préparé en 4 brins et précontraint de 0 à 300 N, et d’un système de fixation particulièrement résistant et peu traumatisant.
Les axes des tunnels osseux sont indépendants, de faible calibre (4,5 mm) et obtenus par visée de dehors en dedans (out-in) avec creusement manuel rétrograde des logettes osseuses de réception de la greffe et adaptées aux diamètres de la greffe.
Les ruptures partielles du LCA
Un test de Lachman retardé à arrêt dur témoigne d’une rupture partielle ou d’une rupture partiellement cicatrisée. Ce type de laxité nécessitant une analyse laximétrique antérieure et rotatoire. Mais l’histoire naturelle de ces ruptures partielles n’est pas suffisamment connue aujourd’hui, pour recommander une attitude univoque.
La morbidité globale post opératoire
La ligamentoplastie, même sous contrôle arthroscopique, n’est pas une intervention à morbidité nulle: il y a 6,3 % de reprises pour raideur, 5 % de reprises pour ablation de matériel tibial et 6 % de reprises pour différentes lésions (corps étranger, ostéophytes). Possibilité également de reprises chirurgicales pour arthrolyse, cyclope syndrome, retrait de matériel intra articulaire, plastie de l’échancrure et parfois arthroscopies diagnostiques pour douleurs non étiquetées. Reprises chirurgicales aussi pour infections superficielles ou profondes, variant de 0,14 à 1,70 % et reprises pour ruptures secondaires.
Des complications thrombo - emboliques dans les 3 premiers mois suivant les ligamentoplasties ont été rapportées et leur survenue est corrélée à une reconstruction du croisé antérieur au stade aigu.
La reprise sportive après ligamentoplastie
Dans une ligamentoplastie, le LCA qui est un ligament dont la structure est élastique, a été remplacé par un tendon dont la structure est plutôt rigide. Des contraintes mécaniques progressives vont stimuler l’adaptation et la transformation du transplant tendineux par un lent processus biologique de remodélisation du transplant tendineux par les globules blancs, avec une période de vulnérabilité maximale vers 3 à 4 mois. L’amélioration de la texture du transplant permet de reprendre progressivement l'entraînement dans les sports avec pivots et contacts après 7 à 8 mois post opératoire. Il faudra au minimum une bonne année pour que le sportif oublie le traumatisme et retrouve ses automatismes et toute reprise avant l'échéance d'une année post traumatique est une entreprise à haut risque de re-rupture, la ligamentisation du transplant ne s’achèvant que deux à trois ans après l'intervention.
Des auteurs ont rapporté une différence significative en faveur de la réparation du LCA pour des activités telles que la marche, l’escalade, la course, la montée et la descente d' escaliers.
Avec un recul de 13 ans, Salmon et al ont objectivé 96 % de bons résultats avec une fonction du genou considérée comme satisfaisante par les patients. Le retour au sport initial est effectif dans 48 à 95 % des cas, avec un recul minimum de 2 ans.
Mais Roos et al, parmi 778 patients sélectionnés à partir des fichiers des assurances sportives, n’ont retrouvé que 30 % de joueurs de football retournant au même niveau à échéance de 3 ans post opératoire, et aucun joueur professionnel n'est resté au même niveau 7 ans après la chirurgie. Mais cette étude est ancienne et a une méthodologie discutable, les patients ayant été contactés par courrier et avec seulement 83 % de réponses.
Pour Aune et al, à 2 ans de suivi, 20 % des patients ne sont pas satisfaits et 18,9 à 35,5 % présentent des douleurs de genoux.
Fithian et al. ont rapporté un taux significativement plus important de douleur à l’agenouillement dans la population opérée.
Biau et al. ont montré dans leur méta-analyse après ligamentoplastie du LCA, que le genou n’est considéré comme normal au score IKDC que par 33 % des patients pour les transplants ischio-jambiers et par 41 % des patients pour les transplants os-tendon-os. Concernant le retour au sport au même niveau, les auteurs ont rapporté des pourcentages respectifs de 67 et 76 %.
Les données de la littérature ont montré indépendamment du niveau sportif des patients, un retour au sport initial variant de 48 à 95 %.
A noter que la différence entre reprise ou non du sport peut être modifiée de façon significative par des facteurs psychologiques.
Globalement, il faut retenir que le taux de retour au sport au même niveau est en moyenne de 65 %. Parmi les 35 % restant, 24 % reprennent le sport à un niveau inférieur et 11 % ne reprennent pas.
Chez les skieurs de haut niveau, la reprise du sport au même niveau ne serait possible uniquement que par le biais de la reconstruction, les skieurs de haut niveau ont repris la compétition après reconstruction du LCA, et la durée de leur activité professionnelle a été plus longue que chez les patients n’ayant pas été opérés.
Waldén et al. ont montré que chez le joueur de football professionnel, le risque de traumatisme sévère itératif du genou était statistiquement plus élevé si le croisé antérieur n’était pas reconstruit.
Malgré les évolutions des techniques chirurgicales concernant les plasties du LCA, la proportion de patients qui retrouvent un niveau physique suffisant pour reprendre le sport semble être le même après plastie du LCA qu' après traitement conservateur. Il n'y a pas de différence également dans la récupération de la force musculaire et le niveau fonctionnel. La problématique est donc la qualité de la rééducation.
Quel type de rééducation
A l’issue d'études bibliographiques, il n’est pas possible de décrire un programme type de rééducation après ligamentoplastie du fait de la diversité des lésions et notamment de la présence de lésions périphériques, des techniques chirurgicales (type de greffon, moyen de fixation, ligamentisation), des protocoles post-opératoires (appui, chaîne cinétique ouverte, etc.) et des contextes du patient (type de sport et d’activité, antécédents, etc.).
On distingue néanmoins trois phases : rééducation pré-opératoire fortement recommandée, rééducation en phase aiguë, rééducation secondaire. Dans tous les cas, les modalités du programme de rééducation sont à adapter aux consignes chirurgicales post-opératoires et aux caractéristiques du patient.
Conclusion+++
Sauf exceptions (lésion méniscale traumatique qui ne ferait que s'aggraver et ou pavé ostéochondral associés à la lésion du LCA), il semple de plus en plus possible et la jurisprudence Reveillère en est la parfaite illustration, d'échapper à la chirurgie de reconstruction ligamentaire en cas de rupture fraîche du LCA, le traitement fonctionnel étant à envisager en priorité au moins les 3 premiers mois y compris chez les sportifs professionnels et de haut niveau pratiquant un sport de pivot ou de pivot-contact. Au terme de ces 3 mois de traitement fonctionnel, si le genou présente encore une instabilité avérée, il sera alors temps de le confier à un chirurgien spécialisé pour une chirurgie de reconstruction ligamentaire.

lundi 17 décembre 2012

Le genou traumatique
La traumatologie du genou est d'une grande fréquence dans nos sociétés occidentales (1,3 million par an aux USA) et source de dépenses de santé qu'il faut contenir dans des limites acceptables sans toutefois faire courir le moindre risque aux traumatisés; cela oblige à une prescription réfléchie, guidée par la clinique, des différents examens complémentaires: radiographies, échographies, scanner et IRM (voir les règles de prescription de Stiell et les recommandations de l'ANAES en fin d'article).. 





Anatomie fonctionnelle
Le genou est la plus grosse articulation du corps humain. 
Il sert à passer le pas et bien qu' articulation non fondamentale car n'empêchant pas la marche, il est anatomiquement compliqué: double articulation fémoro-tibiale et fémoro- patellaire et fonctionnellement exposé.



Durant la marche et a fortiori lors des activités physiques, la bipédie fait subir au genou:
- des pressions considérables sur ses surfaces articulaires (350 KG/cm2 en appui monopodal dont 70% absorbées par le compartiment médial).
- des contraintes de traction importantes sur l'appareil capsulo-ligamentaire et tendino-musculaire.
A ces exigences imposées par la phylogenèse le genou a répondu parfaitement par un cartilage de revêtement le plus épais de l'organisme, l'interposition de ménisques pour pallier au défaut de congruence de ses différentes composantes articulaires et par un dispositif péri-articulaire extraordinairement efficient.
La compréhension des différentes lésions traumatiques n'est possible qu'avec la connaissance de la biomécanique globale du genou et en particulier du fonctionnement couplé des deux compartiments fémoro-tibiaux à laquelle il faut intégrer aux connaissances standardisées anciennes, les formations postérieures et latérales. 
Sur le plan architectural le genou est composé de:
1-LA TROCHLEE









Elle est convexe et ses deux joues saillantes sont séparées par une gorge centrale qui reçoit la crête verticale de la rotule. Les 2 joues répondent aux 2 facettes des trois-quarts supérieurs de la face postérieure de la rotule. Cette convexité rend compte de l'absence de congruence fémoro- patellaire et de la nécessité de forces de placage importantes avec pression de contact élevée et risque potentiel :
- de chondromalacie en cas de trochlée convexe ou basse
- de subluxation externe en cas de trochlée plate avec rotule forcément plate et qui file vers l'extérieur
2- LA ROTULE


La rotule n'est articulaire qu’en flexion et toujours attirée vers le dehors (angle Q= 15°) se réduisant à 30° de flexion; une tubérosité tibiale antérieure(TTA) trop externe ou un trouble de la rotation du tibia augmente la force subluxante.
 Recouverte par un fort revêtement cartilagineux, elle est stabilisée passivement par :
- des éléments de renforcement capsulaire antéro-latéraux : les ailerons rotuliens horizontaux et palpables à l'union 1/3 supérieur-2/3 inférieur du bord interne saillant de la rotule.
- les ligaments ménisco- rotuliens qui se dirigent vers le tiers antérieur des ménisques et se palpent dans les interlignes genou à 30° de flexion. Une vive sensibilité élective dans les interlignes en dehors de tout syndrome méniscal, signe leur rétraction.
La stabilisation active est assurée par le Quadriceps et en particulier par le faisceau inférieur du  vaste interne, gardien de la rotule dont l'amyotrophie souvent post-traumatique ou l’hypoplasie congénitale peut entraîner un déséquilibre frontal avec sub-luxation externe de la rotule et symptomatologie d'instabilité.
La rétraction du droit antérieur attire la rotule vers le haut (rotule haute) et entraîne un déséquilibre sagittal qui se traduit par un syndrome de l'engagement rotulien douloureux avec majoration des signes en cas de recurvatum associé (le recurvatum pouvant être physiologique et bilatéral ou lésionnel unilatéral par atteinte du ligament croisé postérieur et des formations postérieures et postéro- externes).
 En pathologie fémoro-patellaire en distinguera donc :
- les problèmes douloureux sur rotule centrée et stable : hyper pression externe, chondromalacie post-traumatique dégénérative, ostéochondrite disséquante, patella bi-partita supéro-externe.
- les problèmes sur rotule non centrée par déséquilibre sagittal avec rotule douloureuse ou frontal avec rotule instable.
3- LES CONDYLES
Les condyles ne sont pas symétriques.
Le condyle interne présente un rayon de courbure plus petit que son homologue.
Le condyle externe est obligé en rotation de glisser et de déraper (rouler) pour augmenter sa mobilité, facilitée par l'absence de congruence fémoro-tibiale, le relatif relâchement des formations capsulo- ligamentaires externes et postero-externes moins puissantes que du côté interne. 
L’asymétrie condylienne de rotation avec condyle interne déjeté en dedans et condyle externe normo-axé doit toujours être respectée pour une bonne mobilité. 
Le genou n'est donc pas qu'une simple charnière de flexion / extension: en extension le tibia est en rotation externe, ce qui verrouille le genou, et en flexion il y a rotation interne automatique du tibia ; il existe en outre une laxité physiologique en varus.
Ce roulement glissements harmonieux condylien va être remplacé par un ressaut externe en cas de lésion du LCA.


L'échancrure inter-condylienne reçoit le pivot osseux, facteur de stabilité du massif des épines qui viennent s'y emboîter; chez certains individus son étroitesse est un facteur favorisant de rupture du LCA obligeant le chirurgien en sus de la ligamentoplastie à faire une condyloplastie d’agrandissement.
De la même façon après ligamentoplastie, le respect des reliquats synoviaux dans le but d'améliorer les possibilités de revascularisation du transplant et augmentant le volume global inter-condylien est responsable du «cyclops syndrome» avec gêne à l'extension complète et flexum post opératoire.
4- LES 2 CAVITES GLENOÏDES DE LA FACE SUPERIEURE DES PLATEAUX TIBIAUX



Les deux cavités glénoïdes de la face supérieure des plateaux tibiaux répondent au condyle et son recouverte d'un cartilage articulaire très épais :
Le plateau tibial interne (PTI) est concave et le compartiment fémoro tibial interne est taillé pour la stabilité et travaille en compression. 
Le plateau tibia l'externe (PTE) et le condyle externe (CE) ont au contraire des convexités contraires ; au lieu de glisser entraîné par la tension du tendon terminal du fascia lata, ils vont s'affronter autour de l'angle critique de 30° de flexion. C'est l'explication du ressaut rotatoire externe en cas de lésion du LCA et des points d’angle. Le compartiment externe taillé pour la mobilité travaille en distraction avec majoration liée à la mobilité spécifique du ménisque externe.
Le ressaut du PTE peut être modifié par une anomalie des surfaces de glissement :
-importante fracture ostéochondrale
-affaissement du plateau tibia externe
-anse de seau du ménisque externe
-diminution de la tension de la bandelette terminale de Maissiat par arrachement ou séquelles de plastie d'allongement.
Ce ressaut s'atténue avec l’âge et l'arthrose fémoro-tibiale externe par disparition des convexités inverses mais il peut persister au-delà de la cinquantaine avec gêne fonctionnelle et nécessiter alors une plastie anti-ressaut.
 Il sera à différencier des pseudo-ressauts externes:
- des hyperlaxes de morphotype récurvatum- hypertorsion tibiale externe.
- du ménisque discoïde très proche de l'extension.
- surtout du syndrome de l'essuie-glace avec accrochage au même angle de flexion.
- du tendon d'insertion du biceps fémoral sur la tête du péroné avec ressaut bien visible et palpable dans un angle de flexion plus important.
- de la bandelette de Maissiat sur un kyste du ménisque externe.
5- LES MOYENS D'UNION


Une capsule articulaire mince et lâche entoure le genou ; elle présente une solution de continuité antérieure pour la rotule et un renforcement postérieur fibreux condylien : les coques condyliennes, intimement liées aux tendons des muscles jumeaux.
Ces derniers peuvent être parfois directement en rapport avec la synoviale quand la capsule fait défaut comme en regard du tendon poplité ou elle communique directement avec sa bourse séreuse. Cette capsule s'invagine dans l'échancrure pour circonscrire les croisés et adhère latéralement avec la face périphérique des fibro-cartilages méniscaux surtout du côté du LLI. Cette capsule est renforcée par des ligaments.
Une synoviale tapisse la face profonde de la capsule et présente un repli antérieur important le cul de sac sous quadricipital qui communique chez l'adulte avec la bourse sous quadricipitale et recouvre en avant le Hoffa qui reste extra-synovial; sur les côtés elle s'unie aux ménisques formant une cloison et 2 compartiments synoviaux fémoro - méniscal et fémoro-tibial.

cavité articulaire
synoviale de face et de profil

Un repli postéro externe poplité situé à l'extrémité postérieure du ME communique avec la bourse sous poplitée et peut communiquer avec la cavité de la péronéo-tibiale supérieure. Un repli postérieur recouvre les croisés mais ne s'insinue pas entre eux, ils restent extrasynoviaux . D'autres replis synoviaux, les plicae, sont des découverte d'arthroscopie; ils peuvent être impliqués dans la genèse de douleurs chroniques; en particulier le plica interne le long du bord interne de la rotule présent 1 fois sur 4 sur les 2 genoux peut s'exprimer cliniquement par un syndrome rotulien interne.
6- LES LIGAMENTS ANTERIEURS
lls se répartissent en 3 plans de la profondeur à la superficie :
- le plan de renforcement capsulaire antéro-externe déjà cité: ailerons rotuliens anatomiques et ligaments ménisco-rotuliens
- le plan moyen tendineux avec le tendon rotulien est séparé en bas de la tubérosité tibiale antérieur (TTA) par une bourse séreuse pré-tibiale; ces fibres superficielles sont en continuité avec celles du tendon du quadriceps et n'ont pas d' attache rotulienne; sa face profonde répond en haut avec le Hoffa.
- les expansions des muscles Vastes sur la rotule et les tubérosités latérales du tibia et l'expansion pré-rotulienne du TFL (tenseur du facia- lata) renforcent les ailerons surtout l'externe (ailerons chirugicaux).

7- LE PAQUET ADIPEUX ANTÉRIEUR DE HOFFA





Genou fléchi, l'intervalle entre rotule, condyles et plateaux tibiaux est comblé par une volumineuse frange graisseuse: le paquet adipeux antérieur en arrière du tendon rotulien et de la partie non articulaire de la rotule, se prolonge vers l'arrière et l'échancrure inter-condylienne antérieure par le ligament adipeux parfois jusqu'au LCA en mêlant leur synoviale. La maladie de Hoffa correspond à une hyperplasie inflammatoire fibreuse de la femme sportive entre 20 et 30 ans et se traduit par une douleur sous rotulienne plutôt interne et assez aigüe au départ puis qui s'atténue, mise en évidence par le signe de Hoffa.
8- LES MENISQUES




Au nombre de 2, l'interne (MI) et l'externe (ME), les ménisques sont solidarisés sur l'avant par le ligament jugal. lls augmentent la congruence fémoro tibiale et dispersent une partie des contraintes axiales. lls ont un rôle d'épargne du cartilage, ainsi qu'un effet sur la stabililité rotatoire par les corners PAPI et PAPE.
 lls ont une cinématique propre :
- en flexion les condyles fémoraux roulent et poussent devant eux les ménisques qui reculent de 12 mm pour le ME et de 6 mm pour le MI attirés par leurs connections avec le muscle 1/2 Membraneux pour le ménisque interne et avec le muscle Poplité pour le ménisque externe.
- en extension, la rotule est attirée vers le haut par l'action du Quadriceps et ce sont les ligaments antérieurs ménisco- rotuliens qui les attirent vers l'avant.
- en rotation leur déplacement se fait en sens inverse de celui de la glène du plateau tibial.
Toute douleur dans les interlignes fémoro-tibiaux après un traumatisme sportif en torsion
 ( twist) ou dans la vie courante lors d'un simple mouvement d'accroupissement doit faire évoquer une lésion méniscale dont la mise en évidence par les manoeuvres de coincement ne sont pas performantes en dehors des tests dynamiques de Troisier en varus RE pour le MI et en valgus Rl /RE pour le ME.
Le ménisque externe(ME) anatomiquement fermé est le plus mobile.
 De son extrémité postérieure amputée par le passage du Poplté, se détache le puissant ligament ménisco -fémoral, dont le rôle n'est pas bien défini; il accompagne le croisé postérieur dans l'échancrure intercondylienne jusqu'à son insertion sur le condyle interne. Le ME est très sujet aux anomalies morphologiques : ménisque discoïde avec traduction radiologique. Sa réparation doit être réfléchie car le risque de chondrolyse aigue est une complication secondaire redoutable en particulier si la reprise de l'activité physique ou sportive est trop précoce ( elle doit être différée au 4 ème mois ). Cette chondrolyse érode tout le cartilage et dure un an, la ponction ramène comme de la neige . 
Elle aboutit à une arthrose fémoro-tibiale externe chez un adulte jeune avec ostéotomie de varisation fémorale à la clef.
Le ménisque interne (MI) anatomiquement beaucoup plus ouvert est très fixé grâce à ces puissantes attaches ménisco tibiales ; il est aussi beaucoup plus exposé aux traumatismes .
ll a un effet de cale par sa corne postérieure qui limite la translation antérieure et se lèse en premier dans les ruptures dites traumatiques ou la lésion commence toujours en postérieur ; cette lésion traumatique est verticale et va se compléter vers l'avant jusqu'à devenir une anse de seau. 
La lésion traumatique peut être aussi une désinsertion capsulaire périphérique (rarement isolée), car le mécanisme lésionnel pour ces désinsertions étant le plus souvent en twist il y a souvent lésion associée du plan interne et du LCA; dans ce cas la désinsertion devra être opérée car elle ne cicatrisera que si le genou est stable ou si l'on opère le LCA.
Les lésions dites de type dégénératif sont des fissurations horizontales qui démarrent sur le versant libre du ménisque; elles ont une tolérance fonctionnelle énorme et un faible pouvoir chondrogène. Ces fissurations vont se développer vers le mur périphérique, et si quelques gouttelettes passent à travers une brèche capsulaire, elles peuvent s'enkyster.
La présence d' un kyste qui s'extériorise, signifiant que la totalité de la largeur du ménisque est lésée.
C'est surtout le cas pour le ME ou les lésions sont plus antérieures, le kyste méniscal s'extériorisant dans l'interligne antéro-externe ; pour le MI la fuite se fait vers les bourses des 1 /2 membraneux et tendineux.
On peut facilement calmer la douleur (souvent vive dans les atteintes périphériques ) en infiltrant le mur périphérique ou le kyste dans les lésions dégénératives.
D'une manière générale en matière de méniscectomie, les chirurgiens sont devenus très économes ne réalisant que des résections partielles qui préservent davantage le fort potentiel arthrogène des méniscectomies totales qui ne se font plus.
9- LES LIGAMENTS


A- LE PIVOT CENTRAL
Le pivot central correspond aux 2 ligaments croisés.
Ce sont 2 cordons fibreux courts et épais qui s'étendent de l'espace tibial à l'espace inter-condylien du fémur et renforcent ou épaississent la portion postérieure invaginée de la capsule. lls sont entourés par la synoviale ou "tente des croisés" et restent extrasynoviaux . Ils interviennent de façon majeure dans la cinétique et la stabilité des compartiments fémorotibiaux lors des mouvements sagittaux et de rotation.
 Leur lésion définit l'entorse grave avec cliniquement: signe de Lachman + ressaut en RI pour le LCA dans une rupture fraîche et instabilité et tiroir antérieur dans une lésion chronique; tiroir postérieur et récurvatum pour le LCP.
Le ligament croisé antérieur ( LCA ):
Long de 38 mm et large de 11 mm, son grand axe est oblique; il se compose de deux faisceaux, antéro- interne et postéro- externe, avec possibilité de rupture totale ou partielle d'un seul faisceau, laquelle peut se compléter dans un deuxième temps de rupture totale (rupture en 2 temps).
Sa vascularisation se fait essentiellement à partir de la synoviale qui se comporte comme une lame porte vaisseaux ce qui explique l'hémarthrose très souvent présente mais qui peut manquer en cas de lésion isolée, de rupture partielle ou de brèche capsulaire (l'hémarthrose est ici remplacée par une ecchymose).
 Mal vascularisé il n'a aucune possibilité de cicatrisation, sauf dans les lésions au plafond , à condition de rester vertical ou à se mettre vers la 4ème semaine en nourrice sur le LCP. Si la nourrice est bonne, le signe de Lachmann reste positif mais avec arrêt dur, ce qui signe quand même même la distension du LCA; le ressaut alors disparaît; en cas de mauvaise nourrice le ressaut persiste.
Son innervation est assez particulière : riche en proprio-cepteurs et pauvre en récepteurs de la douleur. La douleur contemporaine de la rupture fraîche, peut être syncopale, parfois légère, ne dure souvent que quelques minutes, est plutôt ressentie sur la face externe du genou en cas de rupture totale, et du coté interne si la rupture est partielle.
 Cette douleur réapparaît après quelques heures sous forme de tension globale liée à l'épanchement (en cas de douleur durable sans intervalle libre il faut craindre une lésion associée en particulier méniscale périphérique); dans les cas d'atteinte isolée du LCA l'indolence peut être totale et source d'erreur diagnostique ou de non consultation (surtout que la récupération apparente se fait en quelque jours). 
Le LCA contrôle la translation antérieure genou proche de l'extension ou il est tendu au maximum et la rotation interne à 30° de flexion; le LCA s'enroule autour du LCP qui est beaucoup plus solide et se trouve plaqué contre la face externe du condyle interne ou il devient vulnérable en cas de mouvement forcé. ll n'intervient qu'en seconde ligne dans le valgus et la rotation externe ou le pivot est déroulé et ne peut bien les contrôler. 
Le LCA peut s'allonger physiologiquement de 20 mm sans dégât anatomique, mais ses propriétés visco élastiques particulières s'altèrent avec l'âge et l'immobilisation. 
Dans certaines situations critiques il est en première ligne et peut se rompre isolément (2/3 des cas) comme dans :
- l'hyper-extension (schoot dans le vide),
- la rotation interne (pied fixé au sol par crampon et rotation externe brutale du tronc, au football ou au rugby du côté du pied d'appui, ou en l'air lors d'un tir au but chez un handballeur) ou en ski.
- ou par contraction maximale du quadriceps qui entraîne une sollicitation antérieure du plateau tibial et donc une mise en tension brutale du LCA (lors d'une mauvaise réception trop en arrière en ski "à cul", le quadriceps se contracte au maximum pour éviter la chute chez le très bon skieur, tandis que l'individu moyen lui ne se rattrape pas et chute.
ll existe globalement 2 types de lésion : les ruptures complètes intra-synoviales en plein corps les plus fréquentes: 75%, rarement franches, plutôt dilacérées et les ruptures qui peuvent être partielles le plus souvent aux insertions; ces lésions de désinsertion totale ou partielle peuvent s'accompagner d'un pavé ostéo-chondral surtout dans les avultions basses, assez rares, avec mécanisme lésionnel à faible vitesse.
Ces avultions basses de pronostic plus favorable doivent impérativement être réinsérées dans un délai forcément bref de 3 à 10 jours. Dans les formes hautes une plastie est rendu nécessaire car le LCA est distendu et a perdu ces qualités visco- élastiques.
L'évolution naturelle d'une rupture du LCA chez un sujet actif se fait en quelques mois ou années et surtout pour les morphotypes varus, vers l'instabilité et la dégradation aigue méniscale et chondrale qui paradoxalement touche en premier le compartiment interne: c'est "le syndrome chronique du LCA de Mac Intosh" .
Compte tenu de l'histoire naturelle du LCA rompu, il est licite d'en opérer un certain nombre. De nouvelles techniques chirurgicales mini invasives sous arthroscopie :
- au mieux à partir des tendons IJ du 1/2 tendineux et du droit interne dédoublés ou du tendon rotulien mais avec une plus forte iatrogénie
- avec matériel (vis) de fixation endo-osseuse bio-résorbable sans dommage osseux (donc compatible si besoin avec IRM et possibilité de ré-intervention sans avoir à enlever du matériel) ont permis de réduire considérablement la morbidité post opératoire (analgésie par bloc crural systématique et traitement per opératoire de la douleur, absence d'immobilisation, marche et appui immédiat, sortie à 1 à 3 jours).
- d'optimiser la réhabilitation fonctionnelle du genou dans des délais qui sont devenus acceptables (de 1 mois pour la reprise du travail et 4 à 12 mois pour la reprise sportive) sans toutefois pour l'instant préjuger du devenir à long terme.
Ces progrès récents qui préservent le devenir à court et moyen terme du genou sont en train de bouleverser les indications opératoires en les élargissant à une palette qui va de l'adolescent de 15 ans à l'adulte de 45 ans. 
Élargissement sous conditions:
- d'un diagnostic initial performant et rapide complété si besoin en cas de doute, d'un nouvel examen clinique au 2ème - 3ème jour après évacuation de l'hémarthrose; l'appel à l'imagerie spécialisée IRM ou Lachman radiologique devant être réservée à des cas particuliers: doute clinique, haut niveau , lésion associée gênant l'examen clinique.
- précédé par une rééducation préopératoire spécialisée de 2-3 semaines qui va privilégier le verrouillage articulaire et les compensations musculaires et du port d'une genouillère à renfort latéraux avec autorisation d'appui pour aboutir à un genou sec et musculairement prêt.
Le ligament croisé postérieur ( LCP)
ll est plus long, plus épais et nettement plus solide que Ie LCA. Son grand axe est vertical; il est accompagné dans son trajet par le ligament ménisco-fémoral. 
Constitué de 2 faisceaux antérieur et postérieur, genou en flexion à 90° il contrôle essentiellement la translation postérieure (le tiroir postérieur est pathognomonique).

Tiroir postérieur pathognomonique

Il contrôle aussi
- le récurvatum: petit recurvatum unilatéral = coques et grand recurvatum = coques+LCP.
- la rotation externe et le varus.
En cas d'atteinte du LCP et du PAPE les 4 signes se majorent. Sa rupture se fait volontiers dans sa moitié supérieure, elle peut être complète ou partielle; parfois elle se fait au niveau de son insertion basse avec avultion osseuse. En cas de Triade et surtout de Pentade externe il faut tester le SPE+++ assez souvent lésé. En cas de lésion isolée du LCP, inversement au LCA, la symptomatologie est plus dominée par la douleur que par l'instabilité, si bien qu'en frais le diagnostic n'est très souvent pas fait. La tolérance à moyen terme d'une lésion du LCP est exceptionnelle surtout quand le quadriceps est tonique comme il peut l'être chez le sportif ou le travailleur de force. Après 15 ans d'évolution le processus chondrogène va frapper le compartiment fémoro-tibial interne et surtout fémoro-patellaire à cause du récurvatum induit.
Le traitement chirurgical des ruptures du LCP est à réserver au sujet jeune et très sportif, ou en cas de triade externe ou de pentade; dans les suites opératoires ou dans l'hypothèse la plus fréquente de traitement fonctionnel le renforcement du Quadriceps et celui des muscles du mollet sera l'objectif essentiel à ne jamais perdre de vue (le port d'une orthèse spécifique peut aider à franchir un cap dans certain cas).
B-  LES LIGAMENTS COLLATERAUX
Ils interviennent dans la stabilité frontale :
Le ligament latéral interne (LLI)
Le LLI est une large bande aplatie formée de deux couches :
- une couche superficielle résistante, recouverte en haut par l'aileron rotulien interne, descend assez bas et vers l'avant sur le tibia avec des connections vers les tendons du 1/2 membraneux.
- une couche profonde accessoire avec des fibres fémoro- méniscales et ménisco- tibiales puissantes qui adhèrent fortement à la capsule et au ménisque interne réduisant sa mobilité et le rendant plus vulnérable. C'est le frein principal du valgus genou fléchi.


                                             entorse du LLI avec déchirure complète

C'est le ligament le plus faible du genou notamment à son insertion condylienne; son atteinte traumatique est très douloureuse et responsable d'un flexum antalgique, avec gêne à la recherche clinique d'un ressaut externe en cas de lésion du LCA associée. Mais cette lésion cicatrise toujours et n'a pas besoin d'être réparée chirurgicalement, le simple traitement orthopédique suffit. Si le traitement est mal conduit il peut aboutir :
- au syndrome de Pellegrini-Stiéda à 3 ou 4 semaines de l'accident initial avec douleur et limitation de l' extension avec flexum puis douleur en position assise prolongée (en voiture, au cinéma) et calcifications à la radiographie.
- ou au plus rare syndrome de Palmer correspondant à une cicatrisation en position raccourcie, avec une symptomatologie voisine en flexum mais sans traduction radiologique et à différencier de la lésion méniscale interne ou de l'algodystrophie sympathique avec limitation de la flexion.



Le ligament latéral externe ( L L E)
Le LLE est un cordon arrondi et épais, indépendant de la capsule, bien individualisable et parfaitement palpable, il se dirige vers en arrière sur la tête du péroné, recouvert à son insertion basse par le tendon Bicipital dont il est séparé par une bourse séreuse.
C'est le frein principal du varus avec la bandelette de Maissiat, genou proche de l'extension, il est détendu en flexion. Le LLE rompu n' a aucune tendance à une bonne cicatrisation spontanée (compte tenu de la varisation automatique à la marche qui déverrouille le genou en flexion). Cette tendance à non cicatriser est encore majorée en cas de genu- varum associé, fréquent chez le sportif et qui provoque une tension supplémentaire sur le compartiment externe. Dans les mécanismes lésionnels frontaux genou en extension les ligaments latéraux sont donc très exposés. 
Genou en flexion ils participent avec le LCA et les points d'angle au contrôle de la translation antérieure du plateau tibial, si bien qu'en cas de lésion isolée du LCA il n'y a pas de laxité antérieure directe. Cette dernière n'est présente que s'il existe une lésion postérieure ou collatérale associée. En cas de rupture isolée, sa réparation doit être de principe chirurgicale. Dans ce cas l'imagerie IRM est urgente et fait le bilan lésionnel en particulier des lésions associées (ME,Corner externe, PAPE) et parfois du LCA.

 rupture du LLE, du LCA et du Poplité 

10 - DONNÉES NOUVELLES : LES POINTS D'ANGLE
Le plan fibreux postérieur est une nappe fibreuse placée en arrière de l'espace inter-condylien et des croisés. Il se continue sur les côtés avec les coques condyliennes qui ont des rapports étroits avec les tendons des muscles Jumeaux, poplité et le 1/2 Membraneux.
Ils présentent des faisceaux dont certains sont plus individualisés comme le ligament poplité oblique qui se détache du 1/2 Membraneux et le ligament poplité arqué qui forme une arcade pour le muscle Poplité. Ils forment un ensemble fonctionnel avec les cornes postérieures des ménisques qu'on leur adjoint. Ce sont les premiers freins de l'avancée du tibia et donc du contrôle de la rotation externe genou en flexion.

                                                                le PAPI

A - Le PAPI 

Point d'angle postéro interne : très résistant, il comprend : le segment postérieur du ménisque interne, l'épaississement du tendon terminal du 1/2 Membraneux avec rôle dynamique sur le ménisque, la coque condylienne interne, le ligament poplité oblique (ou oblique postérieur). Il empêche l'avancée du plateau interne et donc la rotation externe. Il contrôle également le valgus dans une position proche de l'extension.
Le test de Dupont en rotation externe teste le PAPI.
B - Le PAPE 
Point d'angle postéroexterne: moins résistant que le PAPI, il comprend :
- le segment postérieur du ME est amarré au muscle poplité par le faisceau ménisco-poplité qui empêche dans la flexion du genou le ME d'être laminé par le condyle externe en permettant son recul.
- la coque condylienne externe.
- le muscle poplité qui lutte contre la déformation en varus et la décoaptation du compartiment externe.
- le complexe poplité fibreux.
II empêche le recul du plateau externe et doit être réparé en cas de lésion.
Il contrôle essentiellement la translation postérieure, la rotation externe et le varus,genou à 30°de flexion.
Le reverse pivot schift test de Jakob et le test du gros orteil sont positifs en cas de lésion du PAPE.

Le PAPE

C- Les formations antéro-externes = FAE.
Elles correspondent à un épaississement capsulaire antéroexterne par des fibres du TFL (tenseur du fascia lata). Ce renforcement a été décrit sous le nom de fibres de Kaplan et leur insertion tibiale correspond à la zone avulsée décrite par Segond (en cas de lésion du LCA en VRI) en arrière du tubercule de Gerdy. Les FAE contrôlent en partie la rotation interne dont la stabilité passive dépend surtout duLCA . Dans les mécanismes lésionnels en rotation interne forcée elles sont arrachées. Ce désamarrage de la capsule antéro externe est toujours précédé par celui du LCA, si bien que la présence d'une pastille osseuse emportant la marge tibiale externe = fracture de Segond, est pathognomonique de la rupture du LCA.

fracture de Segond

11- LA STABILITÉ DU GENOU
STABILITE FRONTALE
Le valgus est limité par le LLI+PIVOT
- genou en extension : petit valgus = lésion du LLI = entorse bénigne
- grand valgus = lésion du Pivot +LLI.
Le varus est limité par LLE + PIVOT (LCP surtout) + PAPE
- petit varus physiologique en flexion
- grand varus en extension = lésion externe (LLE) + postéroexterne (PAPE) + pivot
STABILITE SAGITTALE
Genou en extension : le LCA agit seul sur le déplacement antérieur: lésion du LCA = translation antérieure du tibia = Lachman à pratiquer à plusieurs degrés de flexion entre 10° et 25°et toujours indolore sauf si lésion méniscale associée.
Genou en flexion:
- la translation antérieure est aussi limitée par les ligaments et les points d'angles, elle est au mieux appréciée à 70° de flexion. Lésion isolée du LCA = pas de tiroir antérieur direct (TAD). Si TAD = lésion du LCA+ formations latérales ou postérieures, surtout quand la cale représentée par le MI disparaît.
- la translation postérieure s'apprécie à 90°de flexion; elle est limitée par le LCP et les corners.
STABILITE ROTATOIRE
Le déplacement en rotation est contrôlé par le Pivot: LCA quand le genou est proche de l'extension et LCP genou en flexion.
 L'axe de rotation qui découle de l'action du pivot est décalé en dedans du genou.
Il en découle une hypermobilité du compartiment externe du genou avec 2 positions de stabilité: le VFE et le VRI.
Des lésions capsulo ligamentaires très souvent associées surviendront sur un mouvement forcé indirect ou plus grave si mouvement appuyé de ses 2 positions de stabilité :





- en VFE (valgus/flexion/rotation externe) la stabilité est à dominante active (IJ pour la flexion avec en particulier le demi membraneux et le poplité pour la RE et danger d'abord théorique pour le PAPI et le LLI en cas de mécanisme lésionnel en VFE, ce qui n'est toujours pas vérifié en pratique ou le LCA peut être lésé isolément.
- en VRI (varus/flexion/rotation interne) avec position de stabilité activo/passive par la bandelette de Maissiat et le Biceps, et danger pour le PAPE et le LCA en cas de mécanisme lésionnel en VRI. 
Au total :
- la rupture du LCA = hémarthrose+ Lachman arrêt mou ou arrêt dur si rupture partielle ou après nourrice ou interposition méniscale+ ressaut rotatoire en RI.
- la rupture du LCP = Tiroir Postérieur + Récurvatum.

signe de Lachmann
      Ressaut rotatoire en RI ( signe de Lemaire, Pivot Schift, Jerk test)
Règles de Stiell
A la manière des règles d'Ottawa pour les traumatismes de cheville, Stiell à partir d' une étude sur plus de 1700 patients ayant eu un traumatisme récent du genou radiographié à mis en évidence que 92% de l'imagerie demandée s'est avérée sans utilité et que pour un clinicien entraîné la probabilité d'identifier un patient ayant une fracture est de 87%.
Stiell a alors validé par une étude en double aveugle sur 1100 patients des critères cliniques de décision de prescription de radios standards lors d'un traumatisme isolé du genou, uniquement si un ou plusieurs critères sont présents:
- âge supérieur à  55  ans
douleur provoquée à la pression de la tête du péroné
 - douleur à la pression de la rotule
- impossibilité de fléchir le genou au-delà de 90°
- incapacité de faire plus de 4 pas immédiatement après le traumatisme ou pendant l'examen clinique.    
A la suite de la publication de Stiell, l'ANAES en se basant sur les travaux d'un panel de spécialistes  français du genou traumatique, a émis un certain nombre de recommandations et références que nous reproduisons:


                                                                      Recommandations ANAES                                                                                  
A tous les visiteurs intéressés par la traumatologie du genou, je recommande vivement la lecture attentive de deux autres articles du blog:
- Après rupture isolée du LCA, est il possible pour un sportif  d'échapper à la chirurgie?
- De l'anatomie fonctionnelle au diagnostic clinique d'une lésion ligamentaire du genou.