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"Un médecin du sport vous informe" répond à la demande de nombreux confrères, patients et sportifs. Il est le reflet de connaissances acquises tout au long de ma vie professionnelle auprès d'enseignants remarquables, connaissances que je me suis efforcé de rendre accessibles au plus grand nombre par le biais d’images trouvées sur le Net, qui sont devenues par la force des choses, la propriété intellectuelle de tous; si cela dérange, elles seront retirées. Certains articles peuvent apparaître un peu plus polémiques que d'autres et indisposer, toutefois il n'est pas question de tergiverser ou de se taire quand il s'agit de problèmes d'éthique, en particulier en matière de dopage et quand la santé des sportifs est en jeu, compte tenu du nombre élevé de blessures liées au surentraînement et à une pratique imbécile d'une certaine musculation, qui n'est plus au service de la vitesse et de la force explosive, les deux qualités physiques reines, qui ne respecte pas les règles de la physiologie musculaire et qui, au lieu d'optimiser la performance, fait ressembler certains sportifs body-buildés à l'extrême davantage à des bêtes de foire gavées aux anabolisants qu’à des athlètes de haut niveau.

Ce blog est majoritairement consacré à la traumatologie sportive. L'évaluation clinique y tient une grande place: "la clinique, rien que la clinique, mais toute la clinique" est dédié à mes maîtres les Prs Jacques Rodineau, Gérard Saillant et à tous les enseignants du DU de traumatologie du sport de Paris VI Pitié Salpétrière et en particulier aux docteurs Jean Baptiste Courroy, Mireille Peyre et Sylvie Besch. S'il y a une chose à retenir de leur enseignement, c'est que dans l'établissement d'un diagnostic, l'examen clinique, qui vient à la suite d'un bon interrogatoire, reste l'élément incontournable de la démarche médicale et répose sur une triple démarche (Jacques Rodineau):

1 - une bonne analyse des symptômes que rapporte le patient qui doivent d'emblée évoquer un certain nombre de diagnostics plausibles.
2 - la recherche de signes cliniques dont la cohérence entre eux et la cohérence avec les données de l'interrogatoire permettent d'approcher de façon encore plus précise le diagnostic lésionnel.
3 - la nécessité de faire concilier les données de l'anamnèse et de l'examen avec les renseignements fournis par les bilans d'imagerie que le patient a déjà en sa possession ou en demander de nouveaux qui seront toujours guidés par les renseignements provenant de l'évaluation clinique.

Malgré tout, j'en conviens, l'imagerie moderne a pris une place considérable dans la médecine moderne (échographie, scanner, IRM). Mais souvent prescrite à tort et à travers, elle tend de plus en plus à se substituer à la clinique. Dans un certain nombre de cas, à cause d'une trop grande sensibilité, elle manque de spécificité (scintigraphie) et donne un certain nombre de faux positifs. Inversement il y a un certain nombre de faux négatifs comme par exemple dans les tendinopathies d'épaule où en l'absence de parallélisme anatomo-clinique, les lésions dégénératives qui peuvent aller jusqu'à la la rupture et qui sont croissantes avec l’âge, ne sont pas toujours symptomatiques et suggèrent une progression lésionnelle au cours du temps.

Hommage aussi au Pr Robert Maigne et à son école de médecine manuelle de l'Hôtel Dieu de Paris ou j'ai fais mes classes, actuellement dirigée par son fils le Dr Jean Yves Maigne.

Je n'oublie pas non plus le GETM (groupe d'étude des thérapeutiques manuelles) fondé par le Dr Eric de Winter et ses enseignants, tous des passionnés; j'y ai peaufiné mes techniques et enseigné la médecine manuelle-ostéopathie pendant 10 années.

Un million de visiteurs depuis le samedi 16 avril 2016. Si j'ai pu rendre service à quelques uns, ma satisfaction n'en sera que plus belle. Articles les plus consultés et à juste titre: traumatologie du poignet et de la main, les lombalgies, dont la lecture attentive est recommandée à ceux qui ont mal au bas du dos et à tous les autres à titre préventif, les cervicalgies, les dorsalgies, le syndrome du défilé thoraco-brachial, les entorses et autres traumatismes fermés et les fractures du cou et du médio-pied.
Dr Louis Pallure, médecin des hôpitaux, spécialiste en Médecine Physique et Réadaptation, médecin de médecine et traumatologie du sport et de médecine manuelle-ostéopathie, Pr de sport et musculation DE, médecin Athlé 66, comité départemental, ligue Occitanie et fédération française d’Athlétisme.

samedi 22 décembre 2012

Le genou méniscal
Les ménisques internes (MI) et externes (ME) sont des fibro-cartilages composés de fibres longitudinales et radiaires; ils ont un rôle dans la congruence fémoro-tibiale et la dispersion d'une partie des pressions axiales avec épargne du cartilage.

    

 Cinématique
Les ménisques reculent en flexion de 6 mm pour le MI et de 12 mm pour le ME par le jeu des attaches avec les connections postérieures; en extension ils sont attirés vers l'avant par les ligaments ménisco-rotuliens; en rotation leur déplacement se fait en sens inverse de celui de la glène tibiale, d'où possibilité de lésion dite traumatique longitudinale lors de tout mouvement de torsion du genou; ces lésions longitudinales sont toujours postérieures et vont se compléter progressivement vers l'avant jusqu'à former une anse de seau facilement luxable dans l'interligne.
Diagnostic de lésion méniscale
Toute douleur après traumatisme en torsion d'un genou doit faire évoquer de principe une lésion méniscale longitudinale. Après 40 ans, les lésions seront plutôt de type radiaire et pourront survenir sans mécanisme lésionnel traumatisant comme par exemple se relever d'une simple position accroupie. Aucune manoeuvre physique de coincement méniscal n'est pathognomonique; c'est la symptomatologie clinique qui reste la plus fiable.
Sur une arthrographie normale on distingue le ménisque sous la forme d'un triangle dont tous les bords sont réguliers sauf la base qui peut être festonnée par les récessus ménisco-synoviaux, la pointe est bien effilée et les surfaces articulaires bien marquées et régulières. L'IRM reste un bon moyen d'évaluation avec 4 grades lésionnels: 
1 lésion punctiforme 
2 lésion linéaire intraméniscale 
3 lésions linéaires atteignant au moins 1 surface articulaire;
4 lésion majeure.

Lésions traumatiques du ménisque médial qui sont longitudinales et se développent de l'arrière vers l'avant.

Formes cliniques
A côté de la forme classique après traumatisme initial en torsion, de drame en plusieurs actes , et souvent étiqueté à tort << entorse >> du genou; la lésion est longitudinale à point de départ postérieur, il existe 3 formes assez caricaturales pour être de diagnostic aisé:
a) les kystes méniscaux extériorisés dans l'interligne externe (la présence d' un kyste signifiant que la totalité de la largeur du ménisque est lésée)
b) les désinsertions périphériques, rarement isolées, sur entorses graves du genou (avec lésion associée du pivot central) et tableau clinique d'hémarthrose.
c) les blocages aigus avec flexum irréductible du genou sur anse de seau luxée.
Mais très souvent et particulièrement après la quarantaine, la symptomatologie est celle d'une souffrance articulaire chronique:
- hydarthrose mécanique à moins de 5000 éléments.
- amyotrophie du muscle Vaste interne du Quadriceps.
- cellulalgie (et non tendinopathie) de la patte d'oie.
Pièges cliniques méniscaux habituels
- un syndrome rotulien peut être secondaire à une lésion méniscale chronique de par ses conséquences: amyotrophie, hydarthrose.
 - un interligne externe est toujours douloureux en cas de souffrance rotulienne (palper le ligament ménisco-rotulien, genou à 30° de flexion).
 - les pseudoblocages ne sont souvent que de simples accrochages rotuliens.
 - le Ménisque Externe peut avoir des expressions cliniques très atypiques à type de gonalgies intermittentes ou incohérentes ou d'irradiation haute fémorale ou basse tibiale et non circulaire.
 -la tendinopathie de la patte d'oie est une réalité exceptionnelle voire inexistante pour certains, c'est souvent une cellulalgie.
- enfin une contusion par choc direct sur le mur méniscal (par où se fait l'innervation et la vascularisation et donc avec un fort potentiel de réparation spontanée) est très douloureuse, mais ne peut pas créer une lésion méniscale (incidence médicolégale)
 Spécificités méniscales
a) Le ménisque interne (MI) ou médial:
Anatomiquement ouvert (en C), il est aussi très fixé grâce à ses puissantes attaches ménisco-tibiales et donc très vulnérable. Il a un effet de cale par sa corne postérieure qui limite la translation antérieure et se lèse en premier dans les ruptures longitudinales dites <<traumatiques».
- les lésions dites de type «dégénératif» sont des fissurations horizontales en feuillet de livre qui démarrent sur le versant libre du ménisque; liées à la surcharge mécanique, elles ont une bonne tolérance fonctionnelle et un faible pouvoir chondrogène; elles se développent vers le mur périphérique, quelques gouttelettes passent à travers une brèche capsulaire, et peuvent s'enkyster; la vidange est postérieure vers les bourses des muscles Semi Membraneux et Tendineux.




(b) Le ménisque externe (ME) ou latéral
- anatomiquement fermé (en o), il est très mobile.
- très sujet aussi aux anomalies morphologiques:ménisque discoide avec traduction radiologique.
- la lésion méniscale externe est plus antérieure et plus proche du mur périphérique, avec au bout d'un certain nombre d'années d'évolution et quasi constamment, formation d'un pseudo-kyste latéral extériorisé dans l'interligne antéro-externe.
- clinique atypique; tolérance fonctionnelle surprenante sur le cartilage.
- l'extension de la lésion vers le mur méniscal oblige à des résections chirurgicales importantes avec risque de chondrolyse aiguë si la reprise après méniscectomie partielle de l'activité physique ou sportive est trop précoce (il est prudent de la différer au 4ème mois). Cette chondrolyse aigüe aboutit à une arthrose fémoro-tibiale externe chez un adulte jeune obligeant à une ostéotomie de varisation.
Thérapeutique des lésions méniscales
On peut facilement calmer la douleur, souvent vive dans les atteintes périphériques, en infiltrant le mur périphérique ou le kyste dans les lésions dégénératives.
La visco-supplémentation par l'acide hyaluronique (GO ON, SYNOVIAL, SYNVISC ONE) est de plus en plus utilisée et chez des sujets de plus en plus jeunes en prévention de l'arthrose fémoro-tibiale interne. 
Place de la chirurgie méniscale
La chirurgie méniscale est devenue une chirurgie d'économie: méniscectomies partielles réalisées sous arthroscopie. Les suites de l'arthroscopie à type d'hydro-hémarthrose sont vénielles. Elles ne doivent pas faire oublier l'augmentation notable de la surcharge mécanique imposée au compartiment lésé, en particulier chez les plus de 45 ans et spécialement en cas de varus surajouté.
Les lésions méniscales les plus favorables à la chirurgie par suture sont les lésions très périphériques en zone rouge-rouge mais non suturées elles évoluent bien aussi
(Vielpeau et Müller). Ce sont très souvent des lésions compliquant une rupture ligamentaire, la suture méniscale associée n'alourdit pas la ligamentoplastie.

En fonction de la vascularisation méniscale, on distingue 3 zones:
1-zone rouge-rouge
2-zone rouge-blanche
3-zone blanche-blanche.
Seule la 1ère zone est suturable chirurgicalement et à un degré moindre, la 2ème.
Conclusion : 
En pratique toute contusion indirecte du genou doit faire penser à une lésion traumatique du ménisque. Souvent le diagnostic n'est pas fait précocement avec incidence médico-légale chez les salariés.
La chirurgie méniscale garde ses indications surtout en cas d'association avec une rupture du LCA. Après 45 ans, la symptomatologie de type dégénératif est bien améliorée par les injections d'acide hyaluronique (visco-supplémentation) et en cas d'échec on est en droit d'essayer les injections de PRP.
En dernier ressort et parce qu'il est capital de redonner de la hauteur à l'interligne articulaire et d'épargner le cartilage, des techniques d'allo-greffes méniscales sont proposées par quelques équipes médico-chirurgicales avec un certain succès.  

37 commentaires:

  1. Merci de l'explication technique.
    Concrètement que peut-on faire comme exercice si le kyste gêne et qu'il n'y a pas de douleur en cas de déchirure horizontale du ménisque interne, avec petite lame de liquide dans jumeau interne et réaction de surcharge dans la moelle osseuse.
    Quel genre d'activité sportive peux-t-on faire en attendant le traitement. Course à pied, vélo de manière légère ou marche ou éventuellement ski roue.
    ou repos total.

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    1. Si vous voulez ne pas trop aggraver les choses, il vous suffit d'éviter les sports en charge et privilégier le vélo, la natation et l'aviron ou le rameur en salle de sport sur appareil Concept 2. Dr LP

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  2. Bonjour,
    Que faut-il penser de boiterie et de douleurs autour de la rotule 5 semaines après une arthroscopie avec résection d' une languette mobile d' une corne postérieure de ménisque interne, d'une plica para-patellaire médiale et régularisation d' un tissus fibreux et adipeux encombrant le compartiment fémoro-tibial antérieur ?
    A noter age 48 ans, 50 kg, marche normale avant l' opération, symptome de "blocage du genou" et douleurs autour de la rotule dans les jours suivants un footing.
    Quels rééducation envisager ? apport des anti inflammatoires ( NABUCOX)?

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    1. Bonsoir.
      Je ne suis pas trop partisan des interventions sur un genou dégénératif et je pense qu'il faut essayer d'abord l'acide hyaluronique et si c'est insuffisant les PRP. En principe, 5 semaines après une arthroscopie, tout devrait être nickel; consultez vite votre chir. Dr LP

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    2. Bonjour,
      Merci pour votre réponse.
      J' ai revu deux fois le chirurgien qui n' en pensais rien. J' ai donc consulté un spécialiste en rééducation et traumatologie sportive. A la lecture du CR opératoire il a qualifié mes suites de normales. Il m'a prescrit des anti inflammatoires et de la rééducation. La marche normale est revenue au bout d' environ 3 mois, la descente des escaliers environ 5 mois. le genou est redevenu "sec" au bout d' environ 4 mois. Il finit le traitement par une injection de synviscOne.
      Je ne pensais pas mettre autant de temps à récupérer d'une opération initialement considérée comme simple.

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    3. Bonjour.
      Tout est bien qui finit bien. Le synvisc one est en principe est excellent sur un genou dégénératif et retarde la gonarthrose. Dr LP

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  3. Bonjour
    Pouvez-vous me dire où en est, en france, la greffe de ménisque (allogreffe) et dans quel cas il peut être opportun de s'y intéresser?
    Merci

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    1. Bonjour, la technique d'allogreffe de ménisque du genou n'est pas encore de réalisation universelle; vous pouvez toutefois vous renseigner auprès de votre chirurgien, mais aussi auprès des chirurgiens de l'Institut Nollet, 23, rue Brochant, 75017 Paris, qui semblent en pointe dans ce domaine. Dr LP

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    2. bonjour docteur, sportif de 52 ans (tennis notamment) , une fissure horizontale de la corne postérieure du ménisque interne a été décelée après une IRM; une chondropathie fémoro patellaire et des ébauches d'ostéophytes en fémoro tibial sont aussi mentionnées. aucune lésion des ligaments ni tendons ni osseuse.
      je marche mais ressens des douleurs même après un repos sportif de 3 mois et dernièrement 3 semaines avec attelle standard medi; après lecture de votre blog je conclus l'opportunité d'un traitement AH comme préalable à un traitement PRP.

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    3. Bonjour; même pas de prénom chez ce vétéran; vous présentez une fissure dégénérative de votre ménisque médial qui relève effectivement d'un traitement par de l'acide hyaluronique dans un premier temps; tout aussi important est de changer de paradigme et de préférer aux activités avec charges axiales, de course à pied et aux sports de pivot, les activités d'épargne de vos cartilages comme la natation, le vélo et le rameur. Dr LP

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  4. Bonjour docteur, Sébastien 41 ans, pratique la course à pied en compétition (60 km en moyenne par semaine), depuis juillet 2016, douleur au genou droit (épanchement), écho: présence au niveau de la base du ménisque interne, d'une image anéchogène, linéaire, de 3 à 4mm de hauteur et 1mm d'épaisseur évoquant une fissure.En septembre 3 injections Arthrum (viscosupplémentation) par mon rhumatologue. Pas d'amélioration, IRM en novembre, chondropathie fémoro-tibiale médiale modérée, surtout il existe une fissure méniscale horizontale étendue au niveau de la corne postérieure du ménisque interne. J'ai consulté un chirurgien de la clinique des sports de Bordeaux (docteur De Lavigne) qui m'a fortement conseillé d’arrêter la course à pied, le ménisque ne pourra pas se cicatriser, zone non vascularisée (pour moi difficile à envisager!). J'ai consulté de nouveau mon rhumatologue qui me conseille, malgré l'avis du chirurgien, de tenter une PRP. Qu'en pensez-vous, est-ce que la PRP peut apporter quelque chose ? Je pratiquais surtout du court (5km 10km) et donc de la vitesse, pourrai-je envisager de basculer sur du trail long (endurance) pour que ce soit moins traumatisant pour mes genoux ? ça m'est difficile de faire une croix sur la course à pied après tout le plaisir que ça m'a apporté. Merci pour vos conseils.

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    1. Bonjour Sébastien, malgré votre jeunesse, vous avez un genou déjà dégénératif (lésion méniscale horizontale dégénérative non chirurgicale + chondropathie F/T interne) favorisé par vos activités sportives de course à pied et non amélioré par l'AH ce qui n'est pas bon signe.
      Les PRP sont une autre alternative susceptible de vous améliorer, mais si c'est pour reprendre vos activités antérieures, cette amélioration ne sera que passagère. Alors c'est à vous de voir. Mon conseil serait de changer de paradigme et d'opter pour des activités qui épargnent les genoux: vélo, rameur, natation, etc. Je vous informe que courant 2017 nous disposerons du Chibrosan en injection intra-articulaire qui constituera une avancée thérapeutique dans le traitement des genoux dégénératifs comme le vôtre. Dr LP

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    2. Bonjour docteur, merci pour votre réponse, actuellement cette fissure ne m'est pas handicapante pour mes activités de tous les jours (je ressens juste un léger épanchement en fin de journée). Vous me conseillez donc d'attendre courant 2017 pour effectuer une injection de Chibrosan. Ce produit est une sorte de lubrifiant pour éviter les frottements, il ne répare pas la fissure ?
      Suite aux explications de mon rhumatologue, j'avais cru comprendre que les PRP pouvaient permettre une cicatrisation du ménisque ?
      Pensez-vous qu'en arrêtant la course à pied pendant quelques années, je peut espérer une disparition de cette fissure ? Merci à vous. Sébastien

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    3. Bonjour Stéphane, le Chibrosan c'est en théorie pour 2017; actuellement nous avons en magasin sur le plan médical, l'AH et les PRP, ces derniers en cas d'échec de l'AH, mais le problème c'est que les protocoles sont très différents d'un praticien à l'autre et faute d'études suffisantes en double aveugle contre placébo (médecine par les preuves), les avis sont divergents; certains confrères sont à 100% pour et d'autre sont moins enthousiastes. Une fissure méniscale est une lésion bien tolérée et présente chez la plupart d'entre nous à partir d'un certain âge et plus précocement encore chez les gens actifs; mais le problème c'est plus le cartilage que le ménisque chez vous ; quand je dis lésion bien tolérée, c'est bien sur à condition de ne pas bousculer le genou et c'était le sens de ma réponse, vous pouvez toujours vous faire injecter des PRP, mais les choses produisant les mêmes effets si vous ne changez pas votre mode d'entrainement, ce sera un coup d'épée dans l'eau. En tout état de cause, comme je vous l'ai écrit c'est à vous de choisir, mon rôle à moi par l'intermédiaire de ce blog est d'informer d'abord et éventuellement de donner une solution basée sur mon expérience, mais jamais de choisir à votre place. Dr LP

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    4. Merci, j'hésite encore sur l'injection des PRP. J'ai, depuis juillet, stoppé la course à pied et repris le vélo depuis un mois, les sensations sont plutôt bonnes.Je pense que je vais être patient et repasser des examens d'ici 1 ou 2 ans pour voir l'évolution de l'état de mon ménisque et des cartilages. Je prends depuis 15 jours un complément alimentaire (comprimé de collagène marin vitamine C), qu'en pensez-vous, au pire des cas ça ne m'apportera rien. Merci encore pour votre disponibilité, vous souhaitant de bonnes fêtes.
      SEBASTIEN

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  5. bonsoir Docteur , Stéphane , 42 ans .J'ai pratiqué durant de nombreuses années la course à pied , le judo et divers autres sports de combats .J'ai bien evidemment pratiqué de manière stupide durant des années et depuis juillet dernier me retrouve avec une douleur de la face interne du genou .
    Anomalie morphologique et de signal du ménisque intern, avec lésion grade lll de la corne
    postérieure et grad ll sur la corne médiale et antérieure;il s'y associe une diminution de
    i.épaisseur du èartilage fémoro-tibial en interne avec oedème de I'os sous-chondral'
    Lésion partielle du ligament croisé antérieur.
    Epanchement Iiquidien intra-articulaire de moyenne abondance.
    Voici le compte rendu de mon IRM ! je consulte un orthopédiste qui se montre un peu frileux à intervenir .Pour lui il s'agit d"une lésion dégénerative .
    Ma question est la suivante sachant qu'ne résection du ménisque expose au risque d'arthrose , qu'en est il de l'absention thérapeutique en ce qui me concerne ?puis je envisager une prise en charge médicale et si oui de quelle type ? sinon concernant le sport , quels sont ceux qui me restent praticables?
    D'un point de vue professionnel je suis infirmier aux urgences et en smur et mon genou est tout de meme sollicité .
    Je vous remercie de vos réponses , conseils et pistes que vous pourrez m'apporter . Je vous souhaite de joyeuses fetes de fin d'années . Cordialement . Stéphane

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    1. Bonsoir Stéphane, vous présentez des lésions dégénératives du compartiment médial de votre genou portant à la fois sur le cartilage fémoro/tibial interne et le ménisque. Ces lésions ne relèvent pas de la chirurgie et une résection méniscale ne ferait qu'aggraver le processus dégénératif du cartilage et aboutir à une arthrose précoce fémoro-tibiale interne. Vous relevez d'un traitement médical au départ par injection d'acide hyaluronique (AH) par exemple Synvisc one dans votre genou qui devra être le plus sec possible et donc il faut procéder avant d'injecter de l'AH à une ponction de l'épanchement et ou une injection d'Altim. En parallèle il faut abandonner toutes les activités sportives mettant votre genou en contrainte et les remplacer par vélo, natation, rameur, etc. Comme pour le cas précédent, je vous informe qu'en 2017 sortira le Chibrosan en intra-articulaire qui est donné comme très efficace dans les lésions dégénératives. Dr LP

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    2. Stéphane demander à un médecin comme moi ce qu'il pense des compliments alimentaires, c'est comme de croire au père Noël et encore je crois davantage à ce dernier qu'à toutes ces pubs mensongères. Dr LP

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    3. bonsoir docteur et merci pour vos conseils !
      bonne soirée à vous
      cordialement
      stephane

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    4. ne soyez pas surpris suis connecte accidentellement sur le gmail de ma fille

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    5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    6. bonsoir docteur , stephane 42 ans , je rebondis sur votre commentaire concernant les compléments alimentaires .Selon vous il en serait de meme pour tout ce qui est a base de chondroitine , glucosamine et silicium ? cordialement

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    7. Stéphane, chondroïtine et glucosamine ne sont pas des compléments alimentaires mais des anti-arthrosiques. Le silicium, je n'en sais rien, je n'en prescris jamais. Dr LP

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    8. bonsoir dr et merci d'avoir pu dissocier les 2 .ont ils un réel intéret sur la limitation de la survenue d'une arthrose ?j'ai recemment lu une publication de l 'HAS avec le "fameux" service médical rendu sur la chondroitine . Selon "les hautes instances " ce dernier serait faible ..merci pour vos lumières et votre disponibilité . cordialement . Stéphane

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  6. Bonsoir docteur, Franck , 40 ans. Triathlète longue distance pendant 9 années , je souffre d'une petite fissure de menisque interne avec kyste méniscale depuis aout 2016.. la douleur était supportable mais impossible de courir.
    Le lendemain d'un footing forcé de 4/5 minutes ( en retard à un rdv ) , j'ai eu très très mal au genou et ça a duré 3 jours ...depuis j'ai mal régulièrement .Pas de douleur à vélo, ni en marchant mais des petites crises par moment et des douleurs selon les mouvements. J'ai fais le deuil de la course à pied . J'ai consulté un chirurgien qui veut m'opérer mais j'avoue que risques d'arthrose m'inquiètent. J'hésite à demander à avoir une infiltration sur le mur meniscal et dans le kyste meniscal ou bien des injections d'AH.Le chirurgien me dit que ça ne sert à rien et que ça ne fais que retarder l'opération de quelques mois . Qu'en pensez vous? Merci d'avance. Cordialement.Franck

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    1. Bonjour Frank, ne vous inquiétez pas pour la petite fissure méniscale, c'est la rançon minimum à payer en contre partie de votre activité de Tri-athlète. Cette fissure s'accompagne sans doute aussi d'une dégradation du cartilage fémoro-tibial médial et le pronostic à moyen et long terme de votre genou c'est ce cartilage là et il va vous falloir gérer ça, c'est à dire à mon avis changer de paradigme et privilégier les sports sans appui comme vélo, natation et rameur. Je ne partage pas l'avis de votre chirurgien, un ménisque même imparfait est une cale protectrice de votre genou et il faut la respecter à tout prix quand la lésion n'est pas de type traumatique (anse de seau, déchirure périphérique). Vous avez un ménisque dégénératif comme tout bon sportif qui sollicite ses genoux qui répond bien au traitement d'abord par de l'AH et je vous conseille le Synvisc one en une seule injection, suivi d'un repos relatif d'une semaine et de 48 heures de glaçage de manière à ce que le liquide injecté ne disparaisse pas trop vite de l'articulation comme toute suspension. Cette injection d'AH doit être faîte sur un genou sec et si épanchement il y a, il faut le ponctionner et injecter au préalable de l'Altim qui est un corticoïde retard qui calmera l'inflammation. Cela retardera l'injection d'AH de 15 jours, mais c'est indispensable. Dès 2017 nous pourrons disposer de Chitosan en intra-articulaire dont l'effet sera encore plus puissant que l'AH (voir l'article récent du blog consacré au chitosan); Il y aussi les PRP qui sont une alternative à l'AH, mais il faut commencer toujours par l'AH. Dr LP

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  7. Frank, je complète mon analyse à propos de votre ménisque dégénératif; quelle que soit la lésion dégénérative il faut commencer par injecter de l'AH sur genou sec. Cette injection peut suffire et peut être renouvelée dans quelques mois si nécessaire, du moins jusqu'à ce que le chitosan soit en pharmacie. On est toujours à temps d'intervenir chirurgicalement quand c'est nécessaire, c'est à dire quand toutes les solutions médicales ont été envisagées. c'est le fruit de ma longue expérience et ça agace les chirurgiens qui pendant longtemps sont intervenus pour un oui et pour un non sur les ménisques en accélérant le processus arthrosique. Dr LP

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    1. Bonjour et merci docteur pour votre réponse. Mon genou est bien sec et n'est pas gonflé. Je vais tenter l'injection d'AH .
      Dès que j'ai eu connaissance d'une petite fissure du ménisque, j'ai mis immédiatement un terme au triathlon et donc à la course à pied...chaussures de running mises au grenier le jour même. Cependant j'ai été très déçu après le footing forcé de 4 ou 5 minutes . Je ne pensais pas qu'une petite fissure était aussi invalidante 2 mois après l'apparition de la fissure.
      2 dernières questions:
      l'injection de AH est réalisée chez un rhumatologue ? sous echographie?
      La pratique du vélo elliptique ( talon posé sur la pédale ) est conseillée ?
      Un grand Merci à vous.... ça réconforte de dialoguer avec un professionnel qui a d'autres alternatives que la chirurgie !!!! Merci.Franck

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    2. Frank, la fissure n'est pas le problème; le problème c'est la chondropathie du compartiment fémoro-tibial interne qui s'évalue sur de simples radios de face en mesurant la hauteur de l'interligne. Pour l'injection, puisque votre genou est sec, vous pouvez directement injecter le Synvisc, sans passer par la case ponction et Altim. A titre personnel quand j'injecte le Synvisc par voie latéro-rotulienne dans le cul de sac sous quadricipital, sans recours à l'échographie, le genou étant une articulation superficielle et très accessible par voie latérale. Je fais précéder l'injection de 3 à 5 cc de Zylocaïne en faisant même au niveau de la peau un bouton épidermique, si bien que toutes mes injections sont absolument non douloureuses. ne pas oublier après de glacer le genou de 4 à 6 fois par jour pendant 20 à 30 ' et pendant 48 H et de se tenir tranquille la semaine qui suit l'injection (je préconise de la faire un lundi et de reprendre le sport le dimanche qui suit). alors qui peut faire l'injection, là vous avez le choix entre un orthopédiste, un médecin MPR ou un rhumatologue. La sécu tolère aussi que ce soit fait par un médecin du sport et même par votre généraliste s'il a un tant soit peu l'habitude d'infiltrer. Pour le vélo elliptique, je le déconseille, car c'est une activité qui se fait en appui que vous pouvez largement remplacer par du rameur.

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    3. Merci pour toutes ces infos..Je suis très content de ses échanges et me sens mieux armé face à ce menisque !!!
      Merci docteur Pallure

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    4. et merci pour le temps et la patience que vous m'avez consacrés. Franck

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  8. Bonjour,

    Je vous contacte pour une douleur sur le côté interne latéral du genou par intermittence depuis plus de 5 ans.

    Diagnostique clinique sur IRM :
    Ménisque interne fêlé.
    Ligaments croisés OK
    Age 30 ans

    Lorsque ma douleur est présente, j'ai l'impression que c'est surtout le ligament latéral interne qui me fait souffrir. Il y a inflammation des tissus de la zone avec gonflement dur visible flagrant à cet endroit. c'est pas un gonflement mou mais dur.

    Ma question est la suivante :
    Est ce que cette douleur est forcément due au ménisque interne fêlé ? ou est ce qu'elle peut être une tendinite du sartorius / gracile?

    Sachant que la douleur N'est PAS située à la patte d'oie, mais plus en amont vraiment sur l'interligne.

    Pourquoi cette question :
    1) Parce que parfois je n'ai pas mal durant des mois (alors que le ménisque interne est toujours fêlé) Donc gros doute sur l'origine systématique du ménisque.

    2) Parce que si c'est une tendinite du sartorius ou du gracile, j'ai espoir de pouvoir faire en sorte que la douleur ne se déclenche ou dure des mois...

    Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ma question.

    Cordialement

    Maxime B.

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    1. Bonjour Maxime, cliniquement il y a des différences énormes entre des lésions intra-articulaires du genou et une tendinopathie (pour celles de la patte d'oie, je suis de l'avis de l'école de traumatologie de la Pitié Salpétrière dont je suis issu, c'est souvent un diagnostic porté par excès ou partiel); il y a aussi les douleurs projetées d'origine vertébrale L2/L3 qui se projettent sur la face interne du genou. Ensuite les lésions dégénératives du ménisque médial (non traumatiques) restent longtemps bien tolérées et une image de fissure transversale méniscale sur un IRM n'est pas forcément symptomatique et quand elle l'est son diagnostic est clinique +++ et sur le plan thérapeutique elles répondent bien aux injections d'acide hyaluronique. Dr LP

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  10. Bonjour Dr Pallure, Je vous contacte pour avoir une confirmation de diagnostic. J'ai été diagnostiqué suite à une IRM d'une :

    Fissure horizontale de la corne posterieure du menisque medial avec atteinte de la facette externe de la jonction avec la portion moyenne ( grade III de Stoler) ainsi qu'un petit epanchement intra articulaire.
    Pas de languette meniscale subluxée, pas d'anomalie du cartilage.
    Pas de signe d'instabilité ni de retentissement

    Je sors de consultation avec un chirurgien orthopédique (Chirurgien Marocain car je suis expatrié au maroc) qui me preconise d'arreter le sport, de faire des seance de kiné et d'attendre 2 à 3 mois pour voir si mon menisque cicatrise tout seul avant d'envisager une opération.

    J'ai 28 ans, pas de surpoids. Je pratique la course à pieds, le football et le cross-training de maniere modéré

    Pensez vous que c'est un diagnostic juste? D'après mes recherches un menisque ne cicatrise pas tout seul...

    Merci

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    1. Bonjour Yamin, on n'opère pas les fissures horizontales. Si le genou est sec on injecte de l'acide hyaluronique, si le genou est un peu gonflé, on fait précéder cette injection par une injection de Diprostene en intra- articulaire. Dr LP

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